Succès pour l’Ifremer : 3 nouveaux équipements nationaux pour mieux comprendre l’océan

Sur les 135 projets déposés dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt « Equipements structurants pour la recherche » (EquipEx+), l’Ifremer en avait 3 en course. Et bonne nouvelle : tous figurent sur la liste des 50 infrastructures de pointe que le Premier ministre s’est engagé, le 18 décembre, à financer.

Le plaisir de cette annonce est revenu à Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et à Guillaume Boudy, secrétaire général pour l’Investissement. Rappelant que l’utilisation d’équipements scientifiques aux meilleurs standards internationaux en termes de performance est devenue une condition de la compétitivité de la recherche française, ils ont listé les 50 projets lauréats qui se partageront une enveloppe globale de 422 millions d’euros. Si les arbitrages d’allocation des budgets respectifs ne sont pas encore effectifs, l’Ifremer se félicite déjà de ce succès qui permettra à ses équipes et à toute la communauté scientifique de bénéficier de nouvelles infrastructures partagées et optimisées pour mieux surveiller, comprendre et protéger l’océan.

Argo2030 : des flotteurs encore plus performants pour comprendre l’océan et le climat

Pour observer l’océan et comprendre son impact sur le climat et son évolution, le programme international Argo maintient en opération, depuis les années 2000, plus de 4000 flotteurs autonomes dans tous les océans du globe. Ils mesurent en continu la température et la salinité de l’eau depuis la surface jusqu’à 2000 m de profondeur. Le réseau Argo entre dans une nouvelle phase pour répondre aux défis posés par le dérèglement climatique. Argo se veut maintenant global, depuis la surface jusqu’au fond (Deep-Argo) et multidisciplinaire (BGC-Argo) en mesurant 6 paramètres biogéochimiques comme par exemple le pH et la concentration en oxygène dissous. 

L’objectif de l’Equipex Argo2030 est de consolider la contribution française au réseau Argo via l’acquisition de flotteurs biogéochimiques et de 2 nouveaux types de flotteurs innovants :

  • les flotteurs BGC-ECO-Argo qui seront équipés de capteurs écologiques supplémentaires pour observer les écosystèmes marins ;
  • les flotteurs Deep-6000 dotés de capteurs d’oxygène et capables de plonger jusqu’à 6 000 mètres de profondeur permettront quant à eux d’étudier le rôle des couches profondes océaniques dans les changements climatiques actuels.

Le programme Argo2030 démontrera le potentiel scientifique des nouveaux capteurs écologiques et des flotteurs profonds et augmentera ainsi le potentiel scientifique du réseau Argo. À travers cet Equipex, la France maintiendra sa position de leader européen et d’acteur clé de ce vaste programme international.

À ce jour, environ 4000 flotteurs Argo mesurent la température et la salinité sur toutes les mers du globe et jusqu’à 2000 mètres de profondeur.

© Ifremer/Olivier DUGORNAYMarmor : accroître la surveillance géophysique des fonds marins et installer un observatoire multidisciplinaire à Mayotte

Le projet Marmor a pour objectif de mettre à la disposition de la communauté scientifique française des équipements mobiles et performants pour faire avancer l’étude de la déformation de la terre, de la sismicité, des tsunamis, du volcanisme et de plusieurs mécanismes environnementaux clés concernant les domaines océaniques et côtiers. Plutôt que de construire une nouvelle infrastructure, ce projet améliorera les capacités des infrastructures nationales existantes et du réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (Revosima), tout en fournissant de nouveaux équipements pour qu’elles travaillent ensemble vers des objectifs communs.

Marmor rassemble 11 institutions et 3 infrastructures nationales de recherche : le réseau sismologique et géodésique français (Resif), le réseau européen des observatoires sous-marins et de la colonne d’eau (Emso) et l’infrastructure de recherche littorale et côtière Ilico. En plus de nouveaux équipements mobiles, un nouvel observatoire multidisciplinaire des fonds marins et de la colonne d’eau sera construit et installé aux abords de Mayotte pour comprendre et surveiller la crise sismo-volcanique sous-marine en cours depuis mai 2018 : cet observatoire viendra compléter le réseau Revosima.

 

Deep Sea’nnovation : les engins profonds de demain
Le ROV Victor 6000 profitera des avancées portées par le projet Deep Sea’nnovation.© Ifremer/Michel GOUILLOU

Le projet Deep Sea’nnovation vise l’acquisition et le développement d’équipements scientifiques déployés sur les robots sous-marins téléopérés (ROV) de la très grande infrastructure de recherche (TGIR) Flotte océanographique française. Il complètera le programme de modernisation de la gamme des engins d’intervention profonde, amorcé par la direction de la Flotte océanographique (DFO), avec dans un premier temps la modernisation du ROV Victor 6000. La conception d’un nouveau ROV plus performant est par ailleurs engagée.

Les équipements scientifiques développés dans le cadre du projet Deep Sea’nnovation permettront aux équipes scientifiques françaises de réaliser des travaux inédits au fond de la mer, et de faire évoluer les observations et les méthodologies d’exploration scientifique.  

Ce projet, porté par l’Ifremer, associe des équipes en charge de la TGIR Flotte, de Sorbonne Université, de l’ENS Paris, de l’Université de Bretagne Occidentale, des laboratoires associés au CNRS, de la direction technique INSU du CNRS.

Gaïa Data : un pas de géant vers la science ouverte 

L’Ifremer est également impliqué dans le volet marin du projet Gaïa Data porté par le CNRS. Pas de géant vers la science ouverte, il a pour objectif de permettre à toute la communauté scientifique ainsi qu’aux acteurs publics et socio-économiques d’accéder, via des portails dédiés, à des types de données différents (satellites, aéroportées, sol, in-situ et sorties de modèles…) ainsi que des services sur l’ensemble du cycle de la donnée. Faciliter l’accès à ces données multi-sources, développer de tels produits et services répondant aux critères « FAIR » (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable [1]) pour l’ensemble des compartiments du système Terre, du noyau terrestre jusqu’aux limites de l’atmosphère, est un défi capital pour la science de demain.

[1] Trouvable, Accessible, Interopérable, Réutilisable

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