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mardi, juillet 5, 2022

la situation sanitaire en Tunisie va entraîner « une saignée à blanc » du secteur touristique, estime un spécialiste

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La situation sanitaire en Tunisie, où l’on compte entre « 150 et 200 décès par jour » à cause du Covid-19, va entraîner « plus qu’un choc touristique. C’est une saignée à blanc dans l’économie tunisienne », estime ce dimanche 18 juillet sur franceinfo Vincent Geisser, spécialiste de la Tunisie et chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IRENAM).

franceinfo : La Tunisie vient d’être classée parmi les pays « rouge » par la France à cause du niveau des contaminations. Qu’est-ce que cela signifie pour le pays ?

Vincent Geisser : C’est plus qu’un choc touristique, c’est une saignée à blanc dans l’économie tunisienne. D’autant plus que le secteur touristique vit avec plus de 30 ou 40% d’emplois non déclarés, et que les personnes qui travaillent dans ce secteur informel n’ont même pas de protection sociale. Alors oui, c’est une catastrophe sanitaire, mais c’est surtout et d’abord une catastrophe sociale pour la Tunisie.

Qu’est-ce qui explique la situation sanitaire du pays ? Un manque de doses de vaccins ?

La Tunisie s’y est prise assez tard pour vacciner, par rapport à d’autres pays voisins comme le Maroc. Et aujourd’hui, pour des raisons de crise des finances publiques, elle n’a pas assez de doses.

« Elle attendait trois millions de doses. Elle en a eu moins de la moitié. »

Vincent Geisser, spécialiste de la Tunisie

à franceinfo

Aujourd’hui, elle est obligée de recourir à la coopération internationale pour bénéficier de doses de vaccins, et ce malgré l’aide de la France qui en a promis à peu près un million dans les prochaines semaines. Mais cela veut dire que le pays est complètement dépendant de ces livraisons de vaccins, d’oxygène, et même de matériel médical de base. Ce qui est étonnant pour un pays qui a longtemps été un modèle au niveau des hôpitaux publics. La Tunisie est une référence en Afrique pour la formation médicale, et malgré ça, elle n’a pas les moyens pour vacciner.

La situation peut sembler paradoxale…

La Tunisie forme de très bons médecins, mais ils partent parfois à l’étranger. Nous, Français, savons ce que nous devons à la médecine tunisienne. Il n’y a pas un hôpital parisien, marseillais, ou lyonnais où il n’y a pas un médecin binational tunisien, qui a fait ses études en Tunisie ou en France, et qui aujourd’hui aide énormément. Le paradoxe, c’est qu’une grande partie des médecins sont effectivement hors des frontières tunisiennes.

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