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mardi, juillet 5, 2022

« la route s’est transformée en cratère, en rivière » dans la commune d’Erftstadt-Blessem, faisant plusieurs victimes

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Plusieurs personnes sont décédées et d’autres portées disparues dans la commune d’Erfstadt-Blessem, en Allemagne, après un impressionnant glissement de terrain consécutif aux violentes intempéries, qui a emporté ce vendredi 16 juillet plusieurs maisons et une partie de la route, selon les autorités locales. À leur place, un trou béant, un cratère de plusieurs mètres de profondeur est apparu, suite au glissement de terrain.

Sur place, les pompiers sont à pied d’œuvre pour tenter de retrouver des survivants. Et sur les routes tout autour de ce village de quelques centaines d’habitants, situé à moins de 40 kilomètres de Cologne, les secours continuent d’arriver : des hommes grenouilles, et des pompiers avec leurs bateaux. Des hélicoptères passent également dans le ciel, guettant d’éventuels habitants réfugiés sur les toits de leurs habitations.

L’accès routier est complexe. Il faut se frayer un chemin en traversant à plusieurs reprises des portions de route transformées en mini-rivières, alimentées par une eau saumâtre, à l’odeur pestilentielle, teintée d’essence. Celle-ci a fragilisé, grignoté heure après heure toute une partie de la chaussée du centre-ville. Elle a fini par s’effondrer en formant un cratère profond, un trou béant de 15 à 20 mètres de profondeur. 

Sur cette image prise avec un drone, on voit ce cratère, rempli d’eau saumâtre, de carcasses de voitures, de tôle, de bitume. Des habitations ont été miraculeusement épargnées dans ce village d’Erfstadt-Blessem, à 40 kilomètres de Cologne, en Allemagne.  (DAVID YOUNG / DPA VIA MAXPPP)

Le bitume, englouti par l’eau, a disparu sur plusieurs centaines de mètres selon des photos prises par drones. L’eau a laissé sur son passage des débris de maisons, des morceaux de tôle, des briques. Elle a charrié des voitures qu’elle a jeté les unes contre les autres. À 50m de l’endroit où la chaussée s’arrête désormais, la route s’est transformée en rivière dont la forme et la couleur rappellent les canyons américains. Mélina, 18 ans, vit dans un village voisin et a du mal à réaliser. « C’est impossible à décrire, les routes sont dévastées et les maisons complètement détruites. On n’avait jamais connu ça en Allemagne, reprend la jeune fille. Je pense aux gens qui vivent ici, c’est incompréhensible. » En s’éloignant de la faille qui coupe désormais la commune en deux, le silence revient. La plupart des portes des habitations sont béantes. Les habitants déposent sur les trottoirs les meubles gorgés d’eau, les jouets boueux, les livres. Thomas, 32 ans, aide son père à nettoyer. « C’est l’hélicoptère qui m’a sauvé », dit-il. Réfugié sur son toit, il a été hélitreuillé par les pompiers. « L’eau est montée à 1m50 de hauteur. Je suis venu sauver ce que je pouvais, les photos, les bijoux… »

Dans plusieurs communes de Rhénanie du Nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatina, autour de Cologne et Bonn, la crue a arraché les arbres, englouti les maisons, les routes, les caves, les magasins. Des maisons de retraite ont été évacuées, ainsi que des hôpitaux et des cliniques. 

Lors d’une conférence de presse, ce vendredi 16 juillet, le président du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, où se trouve Erfstadt-Blessem, Armin Laschet, a promis des aides financières rapides pour les sinistrés. 

Depuis Washington, la chancelière allemande, Angela Merkel, a dit craindre de découvrir l’étendue de la catastrophe dans les prochains jours, seulement. Le temps pour les 15 000 policiers, pompiers, militaires de poursuivre leur travail de recherche et d’identification. Pour les aider, ils ont demandé aux habitants sans nouvelles de leurs proches de fournir des vidéos, des photos susceptibles d’identifier des membres de leurs familles disparus. 

Au moins 126 personnes ont perdu la vie après ces dévastatrices intempéries frappant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et surtout l’Allemagne, qui comptabilise au moins 103 décès et de très nombreux disparus. C’est la pire catastrophe naturelle de l’après-guerre en Allemagne. 

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