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mercredi, juillet 6, 2022

« J’ai tout perdu », les sinistrés d’Euskirchen nettoient leurs maisons dévastées

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Les pluies diluviennes et les inondations qui se sont abattues en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Luxembourg ce mercredi 14 et jeudi 15 juillet ont fait près d’une centaine de morts. Outre-Rhin, 81 personnes ont perdu la vie et des centaines sont portées disparues. L’Allemagne connaît sa pire catastrophe naturelle de l’après-guerre. La chancelière Angela Merkel s’est dite « bouleversée » par ces images montrant « des personnes, dans la plus grande détresse, monter sur leurs toits pour être sauvés », et « en deuil de tous ceux qui ont perdu la vie dans cette catastrophe ». Plusieurs villes et villages sont coupés du monde, ce qui laisse craindre un bilan plus lourd encore.

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À Euskirchen, une ville de 57 000 habitants située à une quarantaine de kilomètres de Cologne, la pluie s’est arrêtée, l’eau a commencé à se retirer, mais les traces de la catastrophe sont encore bien présentes. Dans les rues, l’eau noirâtre a laissé sa marque sur les murs, à 1m30 de hauteur.

« C’était complètement surréaliste de voir ça », raconte Léonie. Cette habitante, âgée de 19 ans, reste sidérée, sonnée par cette crue qui a piégé les habitants : « C’était la panique, on entendait des cris, les systèmes d’alarmes qui se déclenchaient, le bruit des vitrines des magasins qui se brisaient. »

« En un rien de temps, l’eau est monté de presque deux mètres. Elle a rempli notre cave et notre appartement. Elle a emporté les voitures. »

Hannah, habitante d’Euskirchen

à franceinfo

Les eaux ont tout englouti : routes, maisons. La crue a arraché les arbres, et laissé un dépôt de boue que les habitants tentent de nettoyer. « Qu’est-ce que je peux faire d’autre ? », fait remarquer Tina, depuis son appartement. « J’ai tout sorti, j’essaie d’enlever la boue, mais je suis loin d’avoir terminé », ajoute-t-elle. « C’est dingue, ce qu’il s’est passé ! Je n’avais jamais vécu ça. On a eu la crise du Covid, et maintenant, ça. Ça va être quoi la suite ? »

L’eau est montée jusqu’au plafond dans le studio photo de Bayran, dans le centre-ville d’Euskirchen. Ses appareils sont hors d’usage. « Je ne sais pas comment je vais m’en sortir », se désole-t-il.  (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Bayran, photographe dans le centre-ville, montre son studio, dévasté par la crue. « J’ai tout perdu ! L’eau est montée jusqu’au plafond, à deux mètres de hauteur », décrit-il. « J’ai surtout récupéré ce que je pouvais emporter rapidement. Mon passeport, mon permis de conduire, des documents officiels. Le reste, mes appareils sont perdus. Je ne sais pas comment je vais m’en sortir. »

Privée d’électricité et de téléphone, la ville d’Euskirchen cherche encore ses disparus. Hannah, 22 ans, a donné à la police une photo de son frère et de sa grand-mère, dont elle est sans nouvelles. Les forces de l’ordre demandent aux familles des photos et des vidéos de leurs proches disparus. « On ne peut joindre personne, je ne sais pas s’ils ont besoin d’aide, s’ils ont un endroit pour dormir », s’inquiète-t-elle.

« Là où mon frère et ma grand-mère vivent, la digue menace de céder. Ça fait peur car on ne sait rien. »

Hannah, habitante d’Euskirchen

à franceinfo

Dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 juillet, 15 000 pompiers, policiers et militaires sont restés mobiliser pour venir en aide aux victimes. Ils ont évacué les sinistrés, parfois en bateau, parfois par hélicoptère. Ailleurs, en Allemagne, des maisons de retraite et des hôpitaux ont été évacués. Tous les transports routiers et ferroviaires sont perturbés, ce qui complique le travail des secouristes.

« J’ai tout perdu ! » : après les inondations, les sinistrés d’Euskirchen nettoient leurs maisons dévastées – Reportage de Sébastien Baer

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