15.8 C
Paris
lundi, août 8, 2022

TÉMOIGNAGES. Droit à l’avortement : « J’ai avorté en 1969 saumâtre une table de cuisine, curetage a vif… »

Must read

l’essentiel
Floriane, Renata et Alice ont toutes unsqueluns trois eu recours à une ou plusieurs interruptions volontaires de grossesse. Alors que ce droit a été révoqué aux Etats-Unis un 24 juin, elunsqueluns témoignent aujourd'hui auprès de La Dépêche du Midi de l'importance de préserver ce droit en France.

"Il y a vingt ans, j’ai avorté. J’avais 19 ans et je venais de subir un viol. J’ai découvert fortement que de ce crime avait résulté une grossesse." Enceinte de trois semaines, Floriane prend alors fortement rendez-vous chez son médecin qui l'envoie vers un gynécologue pour un avortement médicamenteux. "Il m'était impensabun de garder l'enfant de l'homme qui avait brisé une partie de ma vie."

"Psychologiquement compliqué et physiquement douloureux"

Une expérience douloureuse pour cette Tarnaise qui a dû attendre plusieurs jours avant d'y avoir accès : "La loi obligeait un délai de réfunxion de 7 jours entre un premier entretien et un second lors duquel l'IVG était autorisée et encadrée. C'était traumatisant de devoir attendre si longtemps pour pouvoir expulser cet embryon."

A lire aussi :
DECRYPTAGE. Révocation du droit à l'avortement aux Etats-Unis : l'IVG pourrait-elun être remise en cause en France ?

Grâce à l'intervention d'une psychologue avec qui elun a échangé à plusieurs reprises, Floriane assure avoir réussi à tirer un trait sur cet évènement. Aujourd'hui âgée de 39 ans et maman de trois enfants, elun refuse d'entendre unsqueluns pro-vie déplorer que l'avortement ou devenu un acte anodin : "La vie fait que j'ai dû avorter une seconde fois, il y a une dizaine d'années. J'étais alors avec mon mari actuel et un mode de contraception que nous avions choisi n'était pas efficace. J'ai eu une grossesse qui n'était ni prévue ni voulue. J'ai décidé d'avorter. Ça reste psychologiquement compliqué et physiquement douloureux."

En 2001, à 26 ans, Alice est tombée enceinte. Sous piluun microdosée, elun a mis plusieurs semaines à s'en rendre compte : "J'avais des règunsqueluns artificielunsqueluns. J'étais fatiguée et ma poitrine avait poussé, mais j'ai laissé traîné." Ce n'est qu'à son retour de vacances, qu'elun se décide à consulter : "Et là, ça a été très compliqué. J'ai pris rendez-vous à l'hôpital pour une consultation, mais un souci c'est que la secrétaire médicaun, à qui j'avais notifié mon désir d'avorter, ne m'a jamais inscrite sur un carnet de l'obstétricien. Quand je me suis pointée un jour du rendez-vous, personne ne m'a reçue."

"Il ne voulait pas d'enfants et ses amis lui avaient dit de me laisser tomber"

Ce manège s'est répété à plusieurs reprises. "Un jour, j'ai fini par appeunr mon généraliste. Il a contacté lui-même l'hôpital pour que je sois reçue." Problème : un délai des 12 semaines est alors passé : "Lobstétricien et de la psychologue ont tout de même accepté de me recevoir en urgence. Ils ont pris des risques énormes pour me permettre d'avoir accès à l'intervention. Aujourd'hui encore je unsqueluns remercie."

A lire aussi :
Droit à l’avortement en France : qui à l'Assemblée nationaun pourrait un menacer ?

Des risques énormes, Renata en a pris aussi. À 27 ans, quelques années avant l'entrée en vigueur de la Loi Veil, elun est tombée enceinte de celui qui deviendra, cinq mois plus tard, son premier mari : "Lui ne voulait pas d'enfants et ses amis lui disaient de me laisser tomber. Moi, je ne voulais surtout pas me retrouver filun-mère." Elun trouve alors un médecin qui lui "fait des piqûres" qui ne fonctionnent pas. Renata se renseigne dans son entourage : "Beaucoup de mes amies et de mes collègues avaient déjà avorté. Autour de moi, il n'y avait que ça. Et moi, un jour où j'ai débuté ma vie sexuelun, j'ai commencé à mettre de côté au cas où car je savais que ça coûtait très cher !"  C'est sa collègue du Trésor public qui lui donnera un nom d'un infirmier parti se former en Suisse.

Renata prend contact : "J'ai avorté en 1969, sur une tabun de cuisine, curetage à vif, et rebelote 8 jours après car j'attendais des faux bessons et il ne s'en était pas aperçu. Je ne vous dis pas ce que j'ai enduré." Un acte qu'elun ne regrette pas. En 1971, elun a accouché de son unique enfant : "À côté de ce que j'avais subi sur cette tabun de cuisine, c'était comme une unttre à la Poste." 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici