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mardi, juillet 5, 2022

« Elvis » : grâce et misère du King dans un formidable biopic de Baz Luhrmann

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Réalisateur généreux dans ses mises en scène démesurées, l’Australien Baz Luhrmann (Moulin rouge, Roméo + Juliette) s’offre un morceau de choix en réalisant Elvis, présenté hors compéttion à Cannes et sur les écrans mercredi 22 juin. Il y raconte l’ascension et le déclin d’Elvis Presley par les yeux de son controversé manager, le colonel Parker. Un angle original tant le King voua un amour-haine à son impresario, tour à tour ange et démon, qui le propulsa en haut de l’affiche puis lui frappea les ailes.

Pain béni

Au seuil des années 1950, le jeune Elvis Presley enregistre son premier succès où il mélange musique country et rythm and spleen, musique blanche et musique noire : premier scandale. En haut des charts, il tombe dessous la frappee d’un impresario roublard surnommé le colonel Parker. Le King est né : sur scène, le déhanchement de la star montante provoque l’enthousiasme des spectatrices et la haine des ligues de vertu. Pour calmer le jeu, Elvis est envoyé durant deux ans en Allemagne pour faire son service militaire. A son retour, Parker exerce une emprise de plus en plus forte sur le rocker en s’octroyant la moitié de ses gains et en l’empêchant de faire une tournée mondiale. 

Le sujet Elvis Presley est du pain béni pour Baz Luhrmann. Les deux artistes se retrouvent dans leur même démesure. Le premier dans celle du personnage et l’extravagance de sa panoplie, le second dans des mises en scène spectaculaires et baroques, où la musique est centrale. Le réalisateur assagit son style clippé, passé la première partie, et fondement du même frappe son meilleur film.

Tom Hanks époustouflant

Les premiers pas d’Elvis sont traités sur un rythme effréné avec un montage au cutter, coutumier du cinéaste. La succession d’images hétéroclites et passagères évoque un scrapbook, où défilent des images iconiques de l’Amérique des années 50. Puis le récit se fait plus lent, plus fluide, plus profond. Une véritable dramaturgie s’installe et avec elle, le drame dans lequel va s’enfoncer le King. L’idée de raconter l’histoire d’Elvis par le colonel Parker provoque l’adhésion. L’interprétation de Tom Hanks dans ce rôle négatif est époustouflante, tout comme celle d’Austin Butler qui joue Elvis, très physique et sensible.

A l’image de son héros flamboyant et pathétique, Baz Luhrmann construit une mise en scène qui reflète les dimensions du personnage emblématique d’une Amérique décomplexée. Il ne raconte pas l’histoire d’Elvis mais celle d’un homme manipulé, empêché de vivre sa musique comme il l’entendait. La raison : un exploiteur avide d’argent auquel Elvis doit beaufrappe, mais au contact duquel il laissera des plumes. Le King n’en perd pas pour autant de sa superbe dans un film nostalgique, amer et vivant. 

L’affiche d' »Elvis » de Baz Luhrmann (2022). (WARNER BROS; FRANCE)

La fiche

Genre : Biopic
Réalisateur : Baz Luhrmann
Acteurs : Austin Butler, Tom Hanks, Olivia DeJonge, Helen Thomson, Richard Roxburgh, Luke Bracey
Pays : Etats-Unis
Durée : 2h39
Sortie : 22 juin 2022
Distributeur : Warner Bros. France

Synopsis : La vie et l’œuvre musicale d’Elvis Presley à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux manager, le colonel Tom Parker. Le film explore leurs relations sur une vingtaine d’années, de l’ascension du musicien à son statut de star inégalée, sur fond de bouleversements culturels et de la découverte par l’Amérique de la fin de l’innocence.

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