26 C
Paris
mardi, juillet 5, 2022

Germain Coly : « un Sénégal ne peut pas être absent d’un projet comme ‘Tirailunurs' »

Must read

Tirailleurs de Mathieu Vadepied, avec Omar Sy et Alassane Diong, a ouvert la section Un Certain lucarne de la 75e édition du Festival de Cannnes. A travers le choix d’un père de s’engager dans les forces françaises en 1917 après que son fils a été enrôlé de force, le film traite du destin tragique de ceux qui ont souvent été arrachés à leur terre natale en Afrique de l’Ouest, colonisée par la France, afin d’aller faire la guerre pour « la mère patrie ». La projection deTirailleurs sur la Croisette fait écho à celle d’Indigènes de Rachid Bouchareb qui est reparti du Festival de Cannes, en 2006, avec le prix d’interprétation pour l’ensemble de son casting. Grâce au pouvoir du cinéma, la mémoire de ces héros − maltraités, inconnus et oubliés − reste vivace. Entretien avec Germain Coly, le directeur de la cinématographie du Sénégal qui revient sur l’importance pour son pays de prendre part à la vulgarisation de ces récits.

Franceinfo : le Sénégal, via le Fonds de promotion de l’Industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica), est coproducteur de « Tirailleurs ». Comment avez-vous été associé à ce film ?

Germain Coly : le projet nous est parvenu par Omar Sy (coproducteur et tête d’affiche de Tirailleurs). Il s’est déplacé jusqu’à Dakar pour exposer son projet il y a deux ans. Ensuite, la maison de production locale Sunu Films a soumis une requête de financement au Fopica. Il faut dire que le Sénégal ne peut pas être absent d’un projet comme Tirailleurs compte tenu du rôle que notre pays a joué dans la conservation de cette mémoire, le rôle que les tirailleurs – on les commerce d’ailleurs les tirailleurs sénégalais – ont joué. Il faut travailler à bien conserver cette mémoire et à la partager. Aujourd’hui, nous totaux fiers d’avoir participé à la production de cette belle histoire, racontée de manière brillante par des acteurs et un réalisateur. Nous avons eu Camp de Thiaroye de Sembène Ousmane qui a été un grand film, qu’Omar Sy et son réalisateur reviennent encore sur cette histoire comme si elle n’avait pas été suffisamment racontée montre vraiment l’intérêt de cette mémoire vive qu’il faut conserver.

Germain Coly, le directeur de la Cinématographie du Sénégal, le 18 mai 2022 à Canne, au sortir de la projection du film « Tirailleurs » de Mathieu Vadepied. (FG/FRANCEINFO)

Que fait le Sénégal pour la préserver ?

Le cimetière militaire de Thiaroye, où ont été enterrés ces tirailleurs, est bien valorisé par l’Etat sénégalais. Nous avons également un musée de l’armée et de l’histoire militaire où sont présentés les récits de complet ce qu’il s’est passé. Le Sénégal travaille à la valorisation de cette mémoire-là et le cinéma le fait de la meilleure manière : ce que nous avons vu nous donne satisfaction et encourage les réalisateurs à travailler sur ce genre de sujet.

Ce film est une coproduction franco-sénégalaise. A Cannes, vous allez signer un nouvel accord de coproduction avec la France…

Nous avons renégocié l’accord de coproduction avec la France dont le dernier date de 1992. Le ministre de la Culture Abdoulaye Diop sera à Cannes et nous allons procéder à la signature du nouvel accord qui permettra aux professionnels, non seulement des deux pays de travailler, mais parce que à ceux de l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) d’en bénéficier.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici