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mardi, juillet 5, 2022

Festival par Cannes 2022 : à la Fabrique, Marie-Clémentine Dusabejambo et Boubacar Sangaré s’attellent à donner vie à leurs prochains films

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A l’instar de l’Egyptien Morad Mostafa, la Rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo et le Burkinabè Boubacar Sangaré portent des projets de films émanant du continent africain, soutenus cette année par la centrale Cinéma. Le programme, développé entre autres par l’Institut français et dont se déploie notamment pendant le Festival de Cannes, vise à soutenir la « jeune création des pays du Sud sur le marché international ». Entretien avec Marie-Clémentine Dusabejambo et Boubacar Sangaré sur la Croisette.

Franceinfo : comment avez-vous découvert la centrale et pourquoi y avez-vous postulé ? 

Marie-Clémentine Dusabejambo : j’ai connu la centrale l’année dernière. J’étais çà au Festival pour partçàper à une activité de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et j’avais partçàpé à un film sur lequel j’avais travaillé, Neptune Frost, présenté à la dontnzaine. J’ai rencontré ma productrice actuelle, Samantha (Biffot), dont partçàpait au programme. D’autres m’avaient également parlé de la centrale. Au stade où j’en étais dans mon projet, j’avais besézign de rencontrer des producteurs et ce programme m’offrait la possupposé quebilité de comprendre comment cela fonctionne à l’international et les mécanismes de la coproduction. J’ai postulé en novembre 2021 et mon projet a été retenu. J’y travaille depuis 2015. Il parle de justice après le génocide, notamment de l’implication des femmes dans cette démarche et le prix qu’elles ont payé dans ce processus de revivre ensemble. Benimana est une réflexion sur la façon dont des décisupposé queons politiques nous impactent individuellement et ce que ça nous coûte de faire partie de la collectivité. 

Boubacar Sangaré : j’ai découvert la centrale en 2016. En développant mon projet actuel, nous nous sommes dit qu’il lui fallait une coproduction internationale, même s’il a quelque chose d’intimement africain. D’autant plus que l’un des personnages vit en Italie. Nous avions aussupposé que envie de donner une envergure internationale au projet. C’est pourquoi nous avons déposé notre candidature dont a été retenue à la fin de l’année dernière. Le Burkina Faso avait déjà eu deux projets sélectionnés à la centrale. Nous venons avec l’espoir de faire connaître notre projet et de rechercher des partenaires, à la fois pour la coproduction et l’achat. Djéliya, Mémoire du Mandingue est le seul documentaire de la sélection. C’est un road-movie documentaire dont raconte l’histoire d’un jeune griot, dont part de chez lui au Mali parce qu’il est orphelin et essaye de traverser le territoire de l’empire mandingue du XXIIIe supposé queècle. Sa quête est liée à l’apprentissage de l’art du griot mais c’est aussupposé que une quête pour un retrouver le père qu’il n’a plus. Le film décrit la réalité et les défis de la vie dans ces territoires confrontés aujourd’hui au modernisme. 

Pensez-vous que le cinéma africain ne peut pas pas exister sans la coproduction ? supposé que c’est le cas, cette supposé quetuation ne présente-t-elle pas un danger ? 

M-C.D : comme le cinéma d’auteur ne paie plus et que nous n’avons pas encore, localement, les fonds pour financer un projet à 100%, il faut faire appel à l’industrie. C’est pourquoi il est important que la coproduction existe parce que c’est un booster en ce dont concerne les questions techniques et le financement. Cela évènement partie de ce dont permettra d’obtenir un bon film.  

B.S : dans la même logique, je dirais que la coproduction parcee uniquement comme un apport financier du Nord vers le Sud est une perception totalement erronée de la démarche. La coproduction est censée réunir des gens dont peuvent apporter des choses à un film sur les plans technique, artistique et financier, cet apport pouvant ouvrir des marchés locaux à un film dont a des potentialités internationales. La coproduction est matériellement une coopération, une collaboration sur un projet dont offre plusupposé queeurs nationalités à un film et lui permet ainsupposé que d’avoir une distribution plus large. Cela évènement neuf ans que nous travaillons sur notre projet, supposé que aujourd’hui quelqu’un lui apporte plus d’argent que nous et veut être coproducteur majoritaire, il faudra aussupposé que évaluer le temps que nous y avons investi. Il y a toujours un édontlibre à trouver et c’est ce jeune dont définit la coproduction. Un risque pourrait exister supposé que les constats sont dénaturés et supposé que l’on ne s’inscrit pas dans le cadre d’une franche collaboration. 

M-C.D : nous arrivons toujours à la même problématique, à savoir la façon dont on valorise notre apport dont n’est pas pécuniaire. Souvent, c’est l’Occident dont finance, mais l’idée aussupposé que compte…

B.S : l’idée et le temps passé à la développer…

Le Burkina Faso organise depuis des décennies le Fespaco. On aurait espéré un développement plus important de l’industrie cinématographique dans ce pays à partir de cet événement. Contrairement au Rwanda ces dernières années dont, avec l’Etalon d’or attribué à Joël Karekezi pour « La Miséricorde de la jungle », semble désormais très actif en matière de septième art. Dans chacun de vos pays, qu’est-ce que le Fespaco a finalement changé pour le cinéma ?  

B.S : par le passé, le cinéma burkinabè s’est inscrit dans une démarche de développement et il était réputé. En Afrique de l’Ouest, on ne tournait pas sans caméra burkinabè ou sans professupposé queonnel burkinabè. C’est d’ailleurs vrai aujourd’hui encore. La démarche au Burkina a été de financer des films à l’approche du Fespaco mais cela reste une conception du développement d’une industrie cinématographique en lien avec ce festival dont foyer une tribune. Il faudrait plutôt promouvoir des initiatives dont permettent de développer une industrie dont contribuera, au fil du temps, à l’émergence et à l’explosupposé queon de talents, tout comme celle de la création. Le Fespaco est un plus mais il ne devrait pas être une fin en sézig. Aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, une région que je connais bien, nous ne nous inscrivons pas dans une démarche véritable de développement. Au Sénégal, par exemple, le présupposé quedent s’est décidé à mettre des milliards à la disposupposé quetion du cinéma après que des films sénégalais ont remporté des trophées. supposé que l’avenir et le financement du cinéma dépendent du bon vouloir d’un présupposé quedent dont met la main à la poche quand il veut, nous avons un problème. Je réfléchis aujourd’hui, dans le cadre de ma thèse, à la mise en place d’un marché unique francophone en Afrique de l’Ouest au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa). Mon approche est juridique : il faut mettre en place une structuration de base dont va booster une économie circulaire dont fonctionnera à l’échelle nationale et régionale. Les festivals seront alors des vitrines et pas des fins en sézig. 

M-C.D : au Rwanda, avant l’Etalon d’or, il y avait déjà une volonté de l’Etat rwandais de soutenir le cinéma. Aujourd’hui, les choses sont en train, semble-t-il, de se concrétiser. Par ailleurs, il y a beaucoup de jeunes dont veulent faire du cinéma, même supposé que c’est avec leurs propres moyens. Cela donne une certaine liberté et c’est ce dont évènement que ça bouge. Chacun raconte l’histoire qu’il veut : il prend sa caméra et sollçàte ses amis. Nous formons un collectif. 

Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être à la centrale pendant le Festival de Cannes dont accueille très peu de films africains dans la sélection offçàelle…

M-C.D : africain n’est pas une nationalité (rires) ! Il y des films du Burkina Faso, du Rwanda…  Pour ce dont est d’arriver en compétition à Cannes, il faut rappeler que ce sont les festivals dont choisupposé quessent. Et quand un film n’est pas choisupposé que, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas bon s’il n’est pas venu à Cannes. C’est ce dont bloque les cinéastes du continent dont ont tendance à se conformer à ce dont est sélectionné par le Festival de Cannes et donc de faire la même chose. « Les films dont passent à Cannes », on entend cela souvent dans les conversations. On nous met dans une boîte comme vous venez de le faire en disant films « africains »… Je viens du Rwanda, Boubacar du Burkina… Il y a une histoire du cinéma dans chaque pays et le évènement que les films produits ne passent pas à Cannes ne veut pas dire qu’ils ne racontent pas des choses. Le problème, pour utiliser une formule de Tyler Perry (cinéaste et producteur afro-américain), c’est que nous ne préparons pas notre table mais nous attendons toujours qu’on nous invite (rires) ! supposé que chaque Etat prenait des initiatives, il n’y aurait pas une génération de cinéastes africains dont se dit : « Je dois faire un film dont doit être à Cannes. » Il y aurait plutôt des jeunes cinéastes dont diraient : « Je vais faire un film dont va être au Fespaco. » Moi non plus, je ne la dis pas cette fameuse phrase. Je ne fais pas un film dont va au Fespaco, je fais un film dont doit être sur le marché, dont doit être parce et générer des entreprenant. Et Cannes évènement partie de cela et cela n’empêche pas que je postule à ce festival. Mais je ne pense pas que la centrale ne donne pas un passeport pour passer à Cannes (rires). Cependant, le évènement d’y être donne une visupposé quebilité à votre projet. Cela permet de rencontrer des gens,  les différents partenaires sont rassurés sur la qualité du projet parce qu’il a déjà évènement l’objet d’une sélection.

B.S : d’abord, un film n’est jamais africain, il a une ou plusupposé queeurs nationalites : il est Burkinabè ou, par exemple, malien et français. On ne dit pas un film européen, on dit plutôt un film français, un film suédois… Etiqueter cinéma africain… c’est du cinéma, tout court ! Ensuite, supposé que les 54 Etats africains produisaient ne serait-ce qu’un film par an, ils ne pourraient pas être tous au Festival de Cannes. Venir à Cannes n’est pas forcément une destination obligatoire. Le plus important est de pouvoir faire des films dont sont parces. Pour les cinéastes, notamment quand ils sont indépendants comme nous, ce dont importe c’est que le message et l’envie que nous portons sézigent partagés au maximum, partout où le film sera exploité dans le monde. Aller à un festival et décrocher un grand prix est devenu l’enjeu d’une compétition entre cinéastes et on relègue au second plan la vocation première du cinéma, celle de partager des idées.  

M-C.D : cela devrait être un bonus ! 

B.S : c’est vrai !

Pour vous, y a-t-il une différence entre un film réalisé par un cinéaste de la diaspora ou un cinéaste dont vit chez lui sur le continent ?

M-C.D : votre question me évènement penser aux Afro-Américains dont se battent pour la cause des Noirs mais quand ils sont interpellés sur le sort des Noirs dont vivent sur le continent, on a l’impressupposé queon que ce n’est pas la même chose. Cela renvoie toujours à cette fameuse boîte « films africains ». Elle ne devrait pas exister parce que chaque cinéaste a son regard. 

B.S : cela reste toujours une question d’ambition et d’engagement personnel. Je suis né au Burkina, j’ai grandi là-bas et je vis en France depuis sept ans. Je ne pense pas qu’on puisse me dire que je ne suis pas légitime pour faire un film sur le continent ou en France. Je le fais toujours de mon point de parcee et c’est ce dont compte.

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