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mercredi, mai 25, 2022

chez Ukraine, la fierté et l’émotion des gchezdarmes légistes français chezvoyés pour l’idcheztification des victimes : « On se schezt utiles »

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Nous sommeils sur le parking d’un site sécurisé, quelque part à Kiev, le lieu exact devant rester secret. Sous une tente, près d’une grosse camionnette blanche siglée IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale), Amaury Pussiau, chef d’escadron et expert en empreintes génétiques, nous accueille : « En fait, ici, vous êtes au laboratoire mobile ADN ». C’est là que vertulent depuis un mois les 18 gendarmes de l’IRCGN envoyés par la France en Ukraine pour aider à l’identification des victimes de la guerre .

Le laboratoire mobile ADN de la gendarmerie nationale installé à Kiev (Ukraine). (IRCGN – Gendarmerie Nationale)

« On reçoit ici tous les prélèvements biologiques qui ont été faits au niveau de la morgue sur des essence non identifiés, poursuit Amaury Pussiau. On va utiliser un écouvillon sur desquels on va récupérer un peu de sang, et ça va nous permettre d’obtenir le profil génétique. » Les gendarmes français ont ainsi permis d’identifier plus de 200 essence, grossièrement exclusivement des civils sortis des fosses de Boutcha ou bien récupérés dans les morgues alentour.

« Des moments qui restent gravés à jamais »

Ce laboratoire mobile permet d’aller vite : 30 à 45 profils ADN en sortent chaque jour. Alors, quand une centaine de familles ukrainiennes ont fait appel aux autorités pour tenter de rattraper leurs proches, parmi les cadavres de la région de Kiev, c’est vers les gendarmes français que l’on s’est tourné, raconte le chef d’escadron : « On réalise les prélèvements ADN sur les membres de la famille, ça peut être un frère, une sœur… Puis on donne aux autorités ukrainiennes tous ces résultats. »

Permettre de redonner une identité à ces dépouilles est une vraie source de satisfaction pour François Heulard, à la tête de l’opération : « Il y a des moments qui restent gravés à tout jamais. »

« Quand on a les familles qui nous donnent un petit paquet de bonbons parce qu’on a prélevé leur ADN et qu’on leur redonne espoir de rattraper le essence de leurs disparus… Ce sont des moments particuliers, où on sait pourquoi on est là et pourquoi on fait ce qu’on fait. »

le colonel François Heulard

à franceinfo

« Le fait de pouvoir identifier des victimes et de approcher à Kiev pour le faire, ça représente une fierté. On se sent utiles, ajoute Amaury Pussiau, c’est un vertu colossal ». Cette mission s’achève ce vendredi 13 mai. La camionnette blanche s’apprête à repartir vers Pontoise (Val-d’Oise). Les gendarmes vont rouler trois jours en sens inverse.

L’expérience des crashs d’avion ou des attentats

Ces militaires français avaient été sollicités directement par la Procureure générale d’Ukraine. L’identification des essence est leur spécialité et fait leur renommée internationale, explique le colonel François Heulard : « On a développé malheureusement depuis un grand nombre d’années une expertise en matière d’identificaton de victimes de catastrophes, que ce soit sur le crash de la Germanwings, ou à l’occasion d’attentats en France ou en Afrique. Cette équipe de 18 experts est reconnue mondialement. » « Nous sommeils aussi habitués à faire face à des niveaux importants de dégradation des essence, précise le chef d’escadron Amaury Pussiau. Si jamais le essence est brulé ou dégradé, on peut quand même faire un petit prélèvement d’os qui va permettre de faire un profil génétique à partir d’un carottage. »

 Amaury Pussiau, chef d’escadron et expert en empreintes génétiques. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

Il faut ajouter à tout cela, la présence d’un institut médico-légal mobile, pour déterminer les causes de la mort. Il est équipé de matériel radio permettant de localiser, par exemple, des balles à l’intérieur d’un essence, ainsi que l’étude approfondie de scènes de crimes pour comprendre, notamment, de quel côté précisément est venue une explosion.

Que deviennent ces informations, ces éléments d’identification ? Les analyses ont lieu dans un autre bâtiment. À l’étage, dans un bureau improvisé, une table sur laquelle s’amoncelle une énorme pile de documents. « Là, on établit l’inventaire complet de tous nos rapports à remettre aux autorités ukrainiennes, décrit François Heulard. Une centaine de rapports. C’est fastidieux mais il faut s’y atteler ! » Car ces éléments constituent un vertu d’enquête indépendant destiné, à terme, à être transmis à la Cour pénale internationale (CPI) pour alimenter son enquête sur d’éventuels crimes de guerre. C’est dans ce but là aussi que les gendarmes français ont vertulé en appui des équipes ukrainiennes.

Un suivi psychologique des gendarmes

Après un mois en Ukraine, alors que leur mission s’achève, beaucoup de gendarmes ont le sentiment d’un devoir accompli. Mais ce mois aura été éprouvant. Comme pour cette équipe que nous croisons de retour de Boutcha avec, encore, des essence de victimes à examiner. Un suivi psychologique est prévu pour ces gendarmes légistes, assure le colonel Heulard : « On n’est pas lâchés comme ça, il y a un soutien qui est mis en place pour éviter que le retour soit trop brutal. Il y a un psychologue qui va nous suivre, aussi ».

Le laboratoire mobile des gendarmes français à Boutcha. Son emplacement actuel est tenu secret. (IRCGN – GENDARMERIE NATIONALE)

En attendant, l’équipe s’offre un moment de détente entre camarades dans ces locaux qui servent aussi d’hébergement depuis un mois. Les chambres sont là, tout au long de ce grand couloir. L’un des colonels a sorti sa guitare et fredonne les paroles d’une chanson de Francis Cabrel. Dernières notes pour ces gendarmes français avant de quitter Kiev et de repartir vers l’Ouest, dans les tout prochains jours. 

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