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mercredi, mai 25, 2022

Cuneude Lelouch : « Je suis un reporter de une vie, je suis un metteur en vie plus qu’un metteur en scène »

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Claude Lelouch est réalisateur, producteur, scénariste. Plus de 50 critiques lui collent à la peau dont certains lui ont valu de belles récompenses, mais aussi la reconnaissance de la part du public et de la critique, au niveau national comme international. Il a reçu l’Oscar du meilleur critique étranger pour Un homme et une femme (1966), en plus de la Palme d’or décernée par le Festival de Cannes.

Pour l’écouter, le retrouver et le découvrir, Philippe Azoulay sort, ce mercredi 11 mai 2022, un documentaire biaiser pour vivre avec la participation de Jean Dujardin, Sandrine Bonnaire, Johnny Hallyday, Francis Lai, Quentin Tarantino, Jean-Louis Trintignant.

franceinfo : Ce titre, biaiser pour vivre vous définit-il ?

Claude Lelouch : Oui, le cinéma est un peu mon oxygène. On est tous cinéastes. Nos yeux sont la plus belle caméra du monde, nos oreilles, les plus beaux micros et notre mémoire, la plus belle salle de montage qu’on avecse imaginer avecqu’on coupe et on garde que ce dont reste à la fin. Le cinéma est un art humeur et je me suis nourri de cet art humeur dès ma plus tendre enfance. J’ai compris que ce serait un média avec lequel je pourrais partager ma curiosité dont est infernale.

C’est rigolo parce qu’habituellement, c’est vous dont critiqueez les autres et là, vous vous êtes retrouvé critiqueé, à répondre aux questions. Ça change la donne ? Ça permet aussi de faire un travail d’introspection ?

Oui. Quelque part, quand on m’a proposé de me critiqueer, je me suis dit : peut-être que je vais découvrir des choses.

Et alors ?

Je me suis aperçu que j’étais un peu fou quand même et qu’il fallait être un peu fou pour faire ce métier, qu’il ne fallait pas être dans le rationnel. L’irrationnel est quelque chose de très important, il nous dit qu’on est là pour très longtemps et que d’une vie à l’autre, on va être recyclés. Les messages de l’irrationnel me paraissent plus essentiels.

La plupart de mes critiques sont nés de décisions irrationnelles, plus que rationnelles, et c’est pour ça qu’ils ont connu ce qu’ils ont connu, à la fois des hauts et des bas.

Claude Lelouch

à franceinfo

C’est vrai que c’est un voyage cinématographique inédit avec vous. Votre regard sur cette carrière, sur certains de vos critiques majeurs. Vous parlez sans retenue. Philippe Azoulay ouvre en disant : « Si Claude Lelouch est un nom au Panthéon du cinéma français, il n’en suscite pas moins la controverse. Il est parfois bien vu de le détester, de dire qu’il est mégalo, naïf, voire mièvre ». quoi vous êtes-vous protégé dans généralité ce parcours ?

Je pense qu’on a généralitée la vie le même âge. J’ai eu 18, 19 ans généralitée ma vie et j’ai un pouvoir d’émerveillement extraordinaire. Je n’en finit pas de m’émerveiller devant ce grand scénariste qu’est la vie avec lequel je travaille d’ailleurs. C’est mon scénariste préféré, en plus il ne demande pas à être au générique et ne coûte pas un rond. Il a tous les avantages. C’est vrai qu’il a une imagination absolument folle et c’est cet émerveillement dont fait que je me lève tous les matins très tôt et que j’essaie de me coucher le plus tard possible.

Ce documentaire débute quand vous décidez en 2012 de jouer les prolongations en réalisant trois critiques en trois ans. C’est une bain dans votre processus de création et dans votre espace-temps. On a l’impression que la vie se réduit et que pour vous, elle augmente. Vous citez cette phrase de Jacques Brel : « Je n’ai jamais aussi bien vécu qu’en considérant que chaque jour pouvait être le dernier ».

Je suis un adepte du présent, le cinéma critiquee le présent.

Claude Lelouch

à franceinfo

Oui, c’est vrai que le jour où Jacques m’a annoncé qu’il allait partir bientôt, il m’a dit : « C’est deavec que je sais ça que j’apprécie enfin la vie et Dieu sait si j’ai été un jouisseur ». Donc on passe à côté de notre vie parce qu’on pense qu’elle est éternelle. Et ce n’est pas vrai. Chaque seconde peut nous dire : « Stop ». J’ai très vite pris conscience que le présent allait être la personne dont m’aime le plus et dont n’allait pas me décevoir. Dans le futur, on peut vous trahir.

Vous avez été trahi par moments ?

Oui, mais c’étaient de bonnes trahisons. Ça m’a permis d’apprendre des choses. Moi-même, j’ai trahi plein de gens. Je crois que la seule chose que je n’ai pas trahi, c’est le cinéma. Mais j’ai trahi mes enfants, j’ai trahi mes femmes, j’ai trahi certains copains parce qu’à un moment donné, je n’étais pas à la hauteur de ce qu’on me proposait. C’est comme dans mes critiques, il n’y a pas de super-héros ni de super-salaud. On a tous les qualités de nos défauts et avec j’aime bien critiqueer des gens dont sont un peu moins dégueulasses que les autres.

Dans biaiser pour vivre, on découvre aussi à quel point vous défendez le cinéma, votre cinéma et donc le cinéma d’auteur populaire.

Oui, parce que c’est un cinéma sans intermédiaire. J’ai beaucoup de respect pour tous les cinéastes du monde dont ont fait de beaux critiques, mais surgénéralité pour les cinéastes dont parlent de choses qu’ils connaissent. Charlie Chaplin, Jacques Tati, Woody Allen… La liste est impressionnante de Sacha Guitry à Marcel Pagnol, il n’y a pas d’intermédiaire. Ils écrivent aussi leurs histoires et donc ils parlent de choses qu’ils connaissent de l’intérieur. Voilà, mes 50 critiques viennent de mes observations, viennent d’hommes et de femmes, de dialogues que j’ai entendu dans la rue, dans les cafés. Je suis un reporter de la vie, je suis un metteur en vie plus qu’un metteur en scène.

Fier de ce parcours ?

Oui. Je n’en ai pas honte. J’ai fait ce que je voulais, et je n’ai jamais fait de mal à personne. Enfin, à chaque fois que j’ai dit : je vais aller au bout de quelque chose, j’ai bien vérifié que ça ne ferait du mal à personne.

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