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mardi, juillet 5, 2022

« On se fait plumer », déplore le patron d’une friterie

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La friterie de l’Audry, à une vingtaine de kilomètres de Charleville-Mézières (Ardennes), c’est sa terrasse ensoleillée, sa salle bondée, ses fricadelles, cervelas, kebab et, bien sûr, ses frites, à « 3,60 euros la grande barquette ». Ce jour-là, pour le service du midi, la salle est comble, les 90 couverts sont réservés et Karine, la serveuse, passe de table en table à la rencontre des clients, des habitués pour la plupart. »Est-ce que vous êtes au courant que l’huile a augmenté ?, leur demande-t-elle. Le bidon de 25 litres de 33 euros est passé à 110 euros… Si, c’est vrai ! ». « Si c’est juste pour que les gens s’en mettent plein les poches, c’est une honte. Et c’est vrai que pour vous, c’est un gros impact », lui répond une cliente.

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine – un des plus gros pays producteur de tournesol – le prix du bidon d’huile a flambé. Et le patron de la friterie, Gaëtan Flamant, a fait ses comptes : « On perd 50% de marge. Sur une frite qu’on vend 2,60 euros la petite frite, moi, je perd entre 1,20 et 1,30 euros ». Et il s’agace : « On se fait plumer, c’est le mot juste. On se fait plumer. On a besoin de trois bidons d’huile de tournesol tous les dix jours. Un peu plus de 300 euros qu’on payait 100 euros il y a un mois et demi ». « C’est des frites en or, c’est des frites en or ! », ajoute Karine.

Gaëtan Flamant, gérant de la friterie de l’Audry (Ardennes). (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Réduire la consommation d’huile n’est pas une option, explique Gaëtan Flamant : « On est obligé de remplir les friteuses au bon niveau, sinon ça ne cuit pas. On ne peut même pas la filtrer pour essayer de récupérer parce que l’huile brûle. On est obligé de faire le changement tous les dix jours. » Et pas question non plus, dans l’immédiat, de répercuter cette hausse sur les prix des assiettes de frites. En tout cas, Edith 81 ans, n’est pas d’accord : « Les salaires n’augmentent pas, les retraites n’augmentent pas. Une petite augmentation peut être minime, 50 centimes, je dis , pas plus. »

« On ne peut pas vendre une barquette de frites 10 euros, c’est impossible. Si on répercute, on n’aura plus personne, ce qui est logique. »

Gaëtan Flamant, patron de la friterie de l’Audry

à franceinfo

« Les gens ne vont pas dépenser 50 euros juste pour manger dans une friterie », abonde le patron. À la fin de la semaine, Gaëtan Flamant remplacera l’huile de tournesol russe et ukrainienne par de la graisse de bœuf belge, trois fois moins chère. Mais d’autres ont eu la même idée et, déjà, les prix commencent à s’envoler.

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