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mercredi, juillet 6, 2022

« Je me demandais si je reviendrais un jour »

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C’est un symbole diplomatique important dans un pays en guerre. Derrière la grille de ce bâtiment aux allures soviétiques, le drapeau français flotte à nouveau et la plaque dorée de l’ambassade de France qu’Etienne de Poncins avait emportée lors de son transfert provisoire à Lviv a été revissée. L’ambassadeur est de retour à Kiev depuis vendredi 15 avril, avec une partie de son équipe, malgré la menace russe. « Le 28 février, on avait dévissé la plaque, descendu les drapeaux, c’était vraiment très émouvant, commente Etienne de Poncins. On est partis avec. J’ai gardé la plaque avec moi tout le long de mon séjour à Lviv et je n’avais vraiment qu’une envie, c’est de la remettre, de la réinstaller : donc on l’a réinstallée dès qu’on est rentré vendredi. » 

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L’ambassadeur n’est plus entouré que d’une dizaine de collaborateurs français, volontaires et protégés par le GIGN. A l’intérieur du bâtiment, il faut réinstaller des caméras, restaurer les systèmes informatiques désactivés avant le départ précipité, le 28 février, quatre jours après le déclenchement de l’offensive russe.

« Voilà mon bureau ! », annonce-t-il. Derrière le canapé, un lit de camp. Les conditions sont spartiates, mais être à Kiev est essentiel, soutient Etienne de Poncins. « Depuis le jour où je suis parti, je me demandais si je reviendrais un jour dans cette ambassade. Au-delà de l’émotion légitime, on est là surtout pour aider les Ukrainiens, pour travailler à leurs côtés. »

Le travail diplomatique a repris et la France se veut « au plus près » des besoins ukrainiens : « Maintenant, notre mission, c’est de prendre en compte leurs demandes très précises et y apporter des réponses. Rien ne remplace le contact physique. Au delà du symbole, il y a vraiment l’efficacité. » L’ambassadeur revient d’un rendez-vous avec le ministre de la Défense, un convoi transportant du matériel de la Sécurité civile française est attendu en milieu de semaine dans la capitale.

Dans les couloirs résonne un air ukrainien : c’est Elena, une traductrice interprète revenue avec l’ambassadeur, qui s’est installée au piano. « Pour moi, c’était important de rester là et de me rendre utile au maximum tant que mon pays vit ce malheur, confie-t-elle. Mon arme, c’est ma langue et mes compétences linguistiques. Pourvu que ça apporte un résultat. » Et le résultat qu’elle espère, « c’est la victoire, le cessez-le-feu. Des vies sauvées et le malheur qui doit se terminer le plus vite possible. » Malgré le retour de sa représentation diplomatique à Kiev, la France déconseille toujours « formellement » à ses ressortissants de se rendre en Ukraine.

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