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vendredi, juillet 1, 2022

VIDEO. « Affaires sensibles ». Plus de cinquante ans après le crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, la recherche de la vérité continue

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En cette fin d’été 1968, à l’aéroport d’Ajaccio, 89 passagers et six membres d’équipage embarquent à 10 heures du matin à bord de la Caravelle F-BOHB, pour un vol très court. L’atterrissage à Nice est prévu moins d’une heure plus tard. 

Mais alors que l’avion entame sa descente à une trentaine de kilomètres au large d’Antibes, le commandant de bord appelle les contrôleurs aériens : « On a le feu à bord. » La procédure pour atterrissage d’urgence est enclenchée, selon le dialogue retranscrit par les enquêteurs. « Rien à faire… on va crasher, si ça continue », s’inquiète le commandant. La tour de contrôle renouvelle ses consignes, mais l’avion ne répond plus… Il s’est abîmé dans la mer Méditerranée à proximité de la côte.

La piste de la « bavure » militaire

Que s’est-il passé ? Les enquêteurs listent une quinzaine d’hypothèses, qui vont d’une cigarette mal éteinte (à l’époque, fumer était autorisé dans les avions) jusqu’à… une collision avec un missile. Plus les années passent, plus les familles des victimes penchent pour la piste d’une « bavure » militaire. 

« Ce dont on est sûr, c’est qu’il y a des gens qui se sont décarcassés pour cacher des choses. » 

Guerric Poncet, journaliste au « Point » qui enquête sur l’affaire depuis 2017

dans « Affaires sensibles »

Le manque de transparence qui entoure certains documents – comme un journal de bord à la page arrachée, ou un rapport de l’armée introuvable – ne fait qu’entretenir les soupçons. Dénonçant un complot, les familles mènent leurs propres recherches. Et elles réussissent à mettre la main sur des documents qui relancent l’affaire. Après un demi-siècle de combat pour la vérité, en 2019, elles obtiennent l’ouverture des archives secret Défense. 

Un ancien matelot sort du silence

L’équipe de la réalisatrice Alexandra Colineau a été la première à consulter ces archives déclassifiées. Durant six mois, elle a repris l’enquête et a retrouvé un témoin qui pourrait s’avérer capital. Il s’agit d’un ancien matelot qui n’a jamais été entendu par la justice. 

« Quand les gens affirment qu’il n’y a pas eu de tir de missile ce jour-là, je dis : c’est un mensonge. Nous, on a tiré un missile avant le crash ! »

Jean-François de Saint-Périer, ancien matelot à bord de la frégate « Suffren »

dans « Affaires sensibles »

Dans « Affaires sensibles », plus de cinquante ans après les faits, il sort du silence. Ses souvenirs sont très précis – et bien différents de la version de l’armée. L’affaire de la Caravelle Ajaccio-Nice serait-elle le secret d’Etat le mieux gardé depuis un demi-siècle ? 

Extrait de « Caravelle Ajaccio-Nice : un crash secret Défense ? », un document à voir le 18 avril 2022 dans « Affaires sensibles », un magazine présenté par Fabrice Drouelle et coproduit par France Télévisions, France Inter et l’INA d’après l’émission originale de France Inter.

> Les replays des magazines d’info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique « Magazines ».

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