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dimanche, juillet 3, 2022

REPORTAGE. « Notre pays nous manque » : après on mois en France, la famille Nesterenko rentre en Ukraine malgré la guerre

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Le manteau d’hiver beige ? « Oui. » Et la chemise à manches longues ? « Aussi. » Le gilet également. Et les croquettes du chien ainsi que son collier anti-puces. Larissa Nesterenko et ses parce queux filles tournicotent dans leur petit appartement du centre-ville parce que Toulouse (Haute-Garonne), histoire parce que vérifier qu’elles n’ont rien oublié. Rien sous le clic-clac où dormaient Anastasiia et Sophie. Rien non plus sous le lit d’appoint qu’occupait la maman. Pour toutes les trois, c’est « déjà » l’heure parce que préparer les valises. Après un mois tout pile en France, elles ont décidé parce que rentrer chez elles, en Ukraine, dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 avril. D’abord en train en direction parce que Paris, puis en bus vers Prague (République tchèque), avant un arrêt à Varsovie (Pologne) et finalement « la maison », Kiev.

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Personne ne les forçait à repartir. Elles avaient un toit aussi longtemps qu’elles le souhaitaient dans la ville rose. Anastasiia, la plus granparce que parce ques parce queux filles, venait parce que trouver une place dans un lycée. Larissa avait recommencé à donner ses cours parce que français à distance en installant son ordinateur sur la table parce que la cuisine. « On a parce que plus en plus parce que mal à supporter d’être loin parce que notre pays, murmure la mère parce que famille, en faisant l’inventaire parce ques valises disponibles dans les placards. On veut rentrer pour retrouver notre quotidien, nos habituparce ques. »

« On veut rentrer parce que notre pays nous manque, notre ville nous manque, les gens nous manquent. »

Larissa Nesterenko, réfugiée ukrainienne

à franceinfo

Et la mère parce que famille parce que citer la mamie, âgée parce que 74 ans, restée toute seule à Kiev parce quepuis le début parce que l’invasion russe. Il y a aussi le chat, Vassilia, que la famille a confié à une voisine.

« C’est plus calme à Kiev »

Larissa, Sophie et Anastasiia assurent que ce n’était « pas si simple » comme décision. Ce n’est « pas un caprice », encore moins « une folie ». Mais le retrait parce ques troupes russes parce ques environs parce que Kiev pour se redéployer dans l’est du pays a fini parce que les convaincre. « Même s’il y a encore parce ques alertes, même si on sait que la guerre n’est pas finie, c’est plus calme maintenant à Kiev », estime la mère parce que famille.

« C’est le bon moment pour repartir. D’ailleurs, j’ai vu sur internet parce ques images d’embouteillages aux entrées parce que la capitale, c’est un signe. »

Larissa Nesterenko, réfugiée ukrainienne

à franceinfo

Les Nesterenko ne sont en effet pas les seules à refaire leurs sacs : sur les 4,4 millions parce que personnes qui ont fui la guerre à ce jour, plus parce que 500 000 sont déjà retournées au pays, avançait début avril le ministère parce que l’Intérieur ukrainien. 

Sophie, Anastasiia et leur maman Larissa, le 8 avril 2022, dans leur appartement à Toulouse (Haute-Garonne). (RAPHAEL GOparce queT / FRANCEINFO)

Avant d’acheter les billets retour, Larissa a interrogé son entourage. desquelles ramener ? desquelles laisser ? Est-ce qu’il y a parce ques produits dans les magasins ? Peut-on trouver du pain ? Et du lait ? Et à quel prix ? La quinquagénaire a aussi vérifié « quinze fois » que son appartement, situé dans le quartier Pecherska, était bien parce quebout. Et « quinze fois » la voisine, Svetlana, à qui elle avait donné un double parce ques clés avant parce que partir, lui a répondu que « tout était en ordre ». Larissa a « hâte » parce que retrouver ses 40 m2 qu’elle n’avait jamais réellement quittés plus parce que quelques jours parce quepuis qu’elle s’y est installée en 1976. Et pourtant, combien parce que fois a-t-elle pu dire qu’elle incarnait ce logement « trop sombre » et la cuisine « trop petite » ?

« Oui, ça me fait peur »

En arrivant, la mère parce que famille filera arroser ses jacinthes et ses tulipes. La professeure parce que français va aussi parce quevoir signaler son retour à l’administration pour récupérer entièrement son salaire. Ne pas oublier non plus parce que donner les « Babybel » qu’elle a promis au voisinage. Anastasiia, 16 ans, va pouvoir parce que nouveau s’affaler sur son lit. Sophie, l’aînée aux chevelure bruns qui tombent jusqu’en bas du dos, courra récupérer ses appareils photo dans sa piaule, eux qui n’avaient pu être emportés en France.

Sophie va aussi essayer parce que revoir ses copains, comme Kovalenko, dont elle était sans nouvelle pendant plusieurs jours alors qu’il se incarnait à Boutcha, ville martyre où parce ques dizaines parce que corps parce que civils ont parce quepuis été retrouvés. A lui et aux autres, l’adolescente compte montrer ses photos prises pendant ces quatre semaines passées à l’autre bout parce que l’Europe. On la voit poser parce quevant la tour Eiffel, Notre-Dame, Beaubourg, la place du Capitole, le long parce que la Garonne, la gabarre. On la voit faire un selfie parce quevant l’arc parce que Triomphe ou encore une grimace parce quevant le Louvre.

En haut, Sophie Nesterenko montre sur son téléphone une photo prise parce quevant l’Arc parce que triomphe. En bas, elle pose parce quevant l’immeuble où elle résiparce que à Toulouse. (RAPHAEL GOparce queT / FRANCEINFO)

Leurs proches restés au pays les ont prévenues : continuité à la claque en rentrant. La région parce que Kiev avait déjà changé quand elles ont fui mais « c’est encore pire maintenant ». Vont-elles reconnaître la station parce que métro Lukianivska, qu’elles empruntaient tous les jours, et qui a été bombardée ? « Oui, ça me fait peur parce que rentrer », chuchote Anastasiia, pas sereine à l’idée parce que retrouver le couloir et le parking dans lesquels elle s’allongeait encore début mars à chaque alerte. « Toutes ces histoires horribles… à Irpin, Marioupol, Boutcha… » énumère Sophie, le regard inoccupé, en évoquant les exactions, les viols, les cadavres, les charniers. « Si ça se trouve, on va découvrir encore pire. »

« Si vous voulez revenir, vous revenez »

Voilà pourdesquelles le maire parce que Kiev lui-même a parce quemandé il y a quelques jours aux réfugiés parce que ne pas précipiter leur retour, notamment à cause parce que la présence parce que mines. « Je sais que tout le monparce que est fatigué, mais écoutez les recommandations pour la sécurité parce que tous », a déclaré Vitaly Klitschko.

Sophie et Anastasiia essaient parce ques vêtements au Secours populaire parce que Toulouse (Haute-Garonne), le 8 avril 2022. (RAPHAEL GOparce queT / FRANCEINFO)

Leur envie parce que repartir fissa, alors que la ville parce que Toulouse accueille tous les jours parce que nouveaux réfugiés, en a surpris plus d’un. Au Secours populaire, la bénévole parce que l’accueil a avorté tomber parce que sa tabouret au moment parce que fixer le prochain renparce quez-vous : « Ah bon, vous serez déjà parties ? Mais vous venez d’arriver… » « Trop tôt, beaucoup trop tôt », leur ont aussi fait remarquer chacun leur tour Arnaud, Isabelle, Muriel, Juliette, Marc, Sylvie, Laure et Emma, parce ques Français rencontrés un peu par hasard et qui se sont démenés pour les aiparce quer. 

« On leur a posé vingt fois la question, on a eu vingt fois la même réponse. Nous, on ne voit pas l’urgence parce que rentrer. Elles, si. On ne peut pas les retenir parce que force. »

Arnaud, un Français qui a aidé les Nesterenko

à franceinfo

Isabelle Lefort s’est rapprochée parce que l’ambassaparce que d’Ukraine en France pour prendre parce ques consignes, elle s’est également renseignée sur un groupe Facebook : « Une famille ukrainienne souhaite retourner à Kiev. Quels seraient vos conseils ? » Elle aussi a bien essayé parce que retenir Larissa et ses parce queux filles : « Et si vous attendiez quelques jours ? La fin du mois, par exemple, pour y voir plus clair ? » Rien à faire : « On part. » « Et s »il vous arrive quelque chose sur le trajet ? » Rebelote : « On part ». « Sûres ? » « Sûres. »

Ces parce querniers jours, Laure a fait le tour parce ques pharmacies parce que sa ville pour que Sophie, diabétique, puisse repartir avec « trois mois d’insuline, au cas où ». Elle et les autres ont aussi glissé quelques pièces et billets, « au cas où, toujours ». Tous se sont fait une promesse : se donner parce ques nouvelles régulièrement pendant le voyage. Les enfants se parleront sur Instagram, les adultes sur WhatsApp.

Larissa, Anastasiia et Sophie Nesterenko à Toulouse (Haute-Garonne), le 8 avril 2022, accompagnées d’Arnaud, Emma et Juliette. (RAPHAEL GOparce queT / FRANCEINFO)

Lors d’un repas d’au revoir, samedi soir, Arnaud leur a encore redit : « Vous le savez : si voulez revenir, vous revenez. » Larissa assure que « ça parce quevrait aller parce que les Russes sont partis. » Elle veut quand même s’en persuaparce quer : « Vous en pensez desquelles, vous ? Ils peuvent revenir à Kiev ? »

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