26.2 C
Paris
mercredi, juillet 6, 2022

Le Pen-Poutine : ce que l’on sait de la relation entre la candidate du RN à la présidentielle et le président russe

Must read

l’essentiel
Alors qu’elle est qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a annoncé plaider, si elle est élue, pour « un rapprochement stratégique de l’Otan et de Vladimir Poutine ». Une déclaration qui pose la question de la relation entretenue par la candidate avec le Kremlin.

« Un rapprochement stratégique entre l’Otan et la Russie dès que la guerre russo-ukrainienne sera achevée », voilà les propos tenus par Marine Le Pen mercredi 13 avril lors d’une conférence de presse. Des déclarations qui n’ont pas manqué de faire réagir. Mais alors qu’en est-il des liens de la candidate à la présidentielle française avec le Kremlin ? Quelles sont ses ambitions futures vis-à-vis de Poutine ? La Dépêche et le politologue Bruno Cautrès font le point. 

A lire aussi :
Présidentielle 2022 : la conférence de presse de Marine Le Pen perturbée par des militants écologistes

2017, le soutien financier du Kremlin

En 2017, alors que Marine Le Pen se lance dans la course à la présidentielle, la candidate du Front National (actuellement rebaptisé Rassemblement National) se rend à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Une rencontre qui surprend car le chef du Kremlin s’affiche rarement en compagnie d’un candidat en campagne. Cependant, ce qui n’étonne pas à l’époque, c’est l’admiration sans faille de Marine Le Pen envers le dirigeant russe.

En effet, en 2014, la leader du parti d’extrême droite avait déjà refusé de voter une résolution au parlement européen pour condamner la Russie lors de son invasion de la Crimée et avait fait connaître ses proximités idéologiques avec les grandes figures nationalistes européennes telles que Viktor Orban, chef du gouvernement hongrois. « Il y avait le sentiment dans une partie de la droite que la France dépendait trop de l’Europe et de l’Otan et qu’il fallait développer de nouvelles relations avec la Russie », explique Bruno Cautrès.

A lire aussi :
Présidentielle 2022 : « Seul le peuple devrait avoir la possibilité de réviser la Constitution », affirme Marine Le Pen

Des relations diplomatiques mais aussi financières sur lesquelles a misé Marine Le Pen. « Ce sont principalement des questions de financement qui l’ont conduite jusqu’au Kremlin », souligne le politologue. En cause, un crédit de 9,4 millions d’euros accordé à la candidate pour financer ses frais de campagne pour les élections régionales et départementales de 2014 par la First Czech-Russian Bank, banque connue pour sa proximité avec les services secrets russes.

Suite à cela, en 2017, se voyant refuser le financement de toutes les banques françaises inquiètes pour leur réputation, c’est auprès de la Hongrie que Marine Le Pen avait finalement trouvé de quoi assurer financièrement sa campagne présidentielle à hauteur de plus de 10 millions d’euros. Viktor Orban, étant un proche de Vladimir Poutine, il avait donc été essentiel pour la candidate de consolider les liens entretenus avec lui. 

2022, l’ombre au tableau ? 

Alors que depuis le 24 février la Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine, sa proximité avec la candidate RN hissée au second tour de la présidentielle pose question. « En comparaison avec 2017, Marine Le Pen a beaucoup moins mis en avant ses liens avec la Russie. Elle a trouvé une autre solution bancaire et a condamné rapidement la guerre en Ukraine« , constate Bruno Cautrès. Une stratégie payante jusqu’à peu. 

En effet, alors que de nombreuses puissances pointent du doigt le Kremlin et accusent Poutine de crime de guerre, Marine Le Pen semble de plus en plus marcher sur des œufs quand il s’agit de qualifier les conséquences de l’invasion Russe en Ukraine. Elle fait partie des rares candidats à ne pas avoir condamné directement l’armée russe suite à la découverte du charnier de Boutcha. « C’est à l’ONU de dire qui est le coupable », a-t-elle déclaré.

A lire aussi :
Présidentielle 2022 : va-t-on revenir au septennat comme le proposent Emmanuel Macron et Marine Le Pen ?

De plus, lors de sa conférence de presse du mercredi 13 avril, Marine Le Pen a tenu à faire savoir sa volonté de recréer des liens avec Poutine et la Russie, dès lors que  la « guerre russo-ukrainienne sera achevée ». Le 31 mars dernier, elle avait déjà affirmé sur le plateau de l’émission « Elysée 2022 » sur France 2, que Poutine pourrait redevenir « un allié »

Un point ambigu de son programme sur les relations internationales auquel la candidate devra certainement répondre très prochainement. « J’imagine qu’Emmanuel Macron va revenir dessus lors du débat de l’entre-deux tours. À mon avis, elle sera attaquée sur le sujet. Il faut attendre de voir comment elle va s’expliquer », prévient le spécialiste politique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici