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dimanche, juillet 3, 2022

Grande-Bretagne: comment le prince Charles se prépare à prendre la succession d’Elizabeth II

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Alors que l’état de santé de la reine Elizabeth II suscite l’inquiétude depuis plusieurs semaines, son fils, le prince Charles, la remplace de plus en plus souvent dans des sorties officielles.

Le 21 avril prochain, la reine Elizabeth II célèbrera ses 96 ans et le 2 juin prochain, le Royaume-Uni fêtera un autre événement : les 70 ans de son règne. Après avoir annulé de nombreux engagements ces dernières semaines, Elizabeth II s’est finalement rendue le mardi 29 mars à la messe prévue en l’honneur du Prince Philip à l’abbaye de Westminster, son premier déplacement officiel depuis octobre dernier. A 95 ans, la santé de la reine inquiète et est observée de près par les Britanniques. Alors qu’elle participait ce lundi à un appel vidéo avec le Royal London Hospital, la reine a ainsi discuté avec un ancien patient atteint du Covid-19. Elizabeth II qui a elle-même été touchée a expliqué être “très fatiguée, épuisée” par ce virus.

Mais alors qu’elle n’a pas l’intention d’abdiquer pour céder la place à son fils, le Prince Charles, lui-même âgé de 73 ans, la remplace de plus en plus dans ses différentes fonctions. C’est ainsi qu’il aiguise ses futures compétences de souverain, contrairement à sa mère, devenue souveraine de façon précipitée à l’âge de 25 ans.

S’il n’y a pas de formation propre à la fonction du chef de la royauté britannique, le protocole du couronnement du Prince Charles a été défini il y a plusieurs années. « Cette opération a été appelée Golden Orb, c’est un mélange entre ce que veut la tradition et les choix du futur roi, explique le biographe royal Christopher Wilson. Elle a été organisée par Stephen Lamport, l’ancien secrétaire privé du Prince de Galles. Mais cette préparation va bien au-delà du couronnement, ce sont les premiers jours de la vie de Charles comme roi qui y sont détaillés. »

Roi de l’ombre

Pour le reste, la préparation de Charles est une question d’observation. « On ne sait pas dans quelle mesure la reine lui explique ce que doit faire le monarque, mais beaucoup de choses doivent être dites dans les couloirs de Buckingham Palace et de Windsor », pourusit l’auteur.

Dans sa biographie de l’héritier du trône, l’écrivaine Sally Bedell Smith lui attribue le rôle de « roi de l’ombre » à partir de 2002, lors du décès de la Reine Mère, la mère d’Elizabeth II. Le Prince Charles était déjà âgé de 54 ans. En 2017, il remplace la reine lors de la traditionnelle cérémonie d’hommage aux soldats morts au combat de la Première Guerre mondiale, le Remembrance Sunday. C’est une première notable, comme le souligne Marc Roche dans sa biographie Elle ne voulait pas être reine !. L’auteur décrit même le Prince Charles comme étant aujourd’hui le régent de facto du royaume.

Depuis quelques années, il représente sa mère à l’étranger et il est présent à ses côtés lors du discours du Trône, cette cérémonie où elle doit lire le programme du gouvernement pour ouvrir l’année parlementaire.

Boîtes rouges

Le Prince Charles a aussi déjà accès aux « boîtes rouges » qui contiennent une copie des télégrammes diplomatiques, des rapports des services secrets et des documents adressés à la reine. Marc Roche estime que c’est un honneur que n’avait pas connu le futur Edward VII, l’héritier de la reine Victoria, la deuxième monarque à avoir connu le plus long règne de la couronne d’Angleterre. Il s’agit d’une preuve qu’Elizabeth II ne doute pas des capacités de son fils à prendre la relève.

Néanmoins, cet avis n’est pas partagé par les sujets de la couronne. William, son fil, l’emporte dans les sondages quand il s’agit de désigner un successeur à la reine et nombreux sont les Britanniques à vouloir que son père lui laisse les rênes du royaume.
Charles n’en est pas dupe et il observe d’ailleurs beaucoup William et Kate dans leurs déplacements et leurs apparitions publiques. « A titre d’exemple, le récent voyage des Cambridge dans les Caraïbes a été décrit comme un désastre par la presse, souligne Christopher Wilson. Charles et Camilla sont à l’affut de ce genre de réaction pour comprendre comment les mentalités changent et quelles sont les attentes du public vis-à-vis de la monarchie. »

 

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