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mardi, juillet 5, 2022

Présidentielle : la victoire de l’étatisme

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Publié le 14 avril 2022



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Le premier tour de l’élection présidentielle a été au-delà des prévisions attendues : ce pays est foutu, bien foutu et même bien plus foutu que ce qu’on pouvait penser.

Sans parler de l’abstention, premier parti de France, les chiffres sont clairs et incontestables. En France trois équipes de ligue 1 se partagent le haut du panier, les autres étant cantonnés à court ou à long terme à la relégation : le Red Star emmené par Jean-Luc Mélenchon, le Club Français de Marine Le Pen et le Paris Saint-Germain d’Emmanuel Macron.

Tout le monde est bien habitué à l’exercice maintenant. Après un galop d’essai de quelques années, la France a finalement adopté depuis 64 ans les règles canoniques du grand championnat : le vainqueur sera désigné tous les 5 ans en gagnant en finale un match sans prolongations. Il recevra le bouclier de Brennus et l’épée de Charlemagne et siègera sous les ors et les turquoises des lambris élyséens.

Une fois le vainqueur annoncé, tout le monde pourra aussitôt râler, conspuer, critiquer. Les grèves et autres manifestions inutiles pourront alors recommencer, sans n’avoir d’autre effet que d’énerver les uns, désespérer les autres et surtout n’aboutir sur rien, sinon de faire patienter 5 ans à espérer un changement qui ne se produit jamais.

L’État, cette grande fiction…

La France vit dans une image d’Épinal, un monde simple à comprendre où la politique se découpe en deux ou trois camps selon les époques.

Actuellement, si on écoute les descriptions des uns faites par les autres :

  • d’un côté les Staliniens-pastèque, sanguinaires et sans pitié, mais pour le bien du peuple et de la planète.
  • en face, les Populo-nazis, coincés et racistes, mais pour le bien du peuple et de la France éternelle.
  • entre les deux, les Neutres-En-Même-Temps, manipulateurs et menteurs, mais pour le bien du peuple et la paix civile.

 

Que de grandes causes pour de grandes idées !

Comment un pays comme la France peut-il en être arrivé à résumer la vie publique à trois images aussi simplistes et aussi caricaturales, tout en leur confiant quasiment la totalité des pouvoirs et des activités ?

Bien sûr, il y a la Constitution de la Cinquième République et les pouvoirs exorbitants donnés au président. Bien sûr, il y a les médias et leur manie simplificatrice. Bien sûr, il y a le roman national, l’assistanat social et autres nivellements par le bas. Mais quand même !

Le monde des idéologies pour cacher le vide des idées

Comment la France est-elle arrivée à un tel refus du présent, une telle peur du futur et un tel regard nombriliste et vengeur envers le passé ?

Marine Le Pen et le Rassemblement national ne sont pas Adolf Hitler et le parti nazi. Ceux qui votent pour elle ne sont ni membres des SS, ni de la Gestapo, ni des jeunesses hitlériennes.

Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise ne sont pas Staline et le parti communiste. Ceux qui votent pour lui ne sont ni membre du NKVD, ni du grand commissariat des affaires politiques, pas plus que des jeunesses communistes.

Ceux qui votent pour Emmanuel Macron ne participent pas à un complot mondial ourdi par on ne sait quelle organisation secrète de multimilliardaires et de fonds spéculatifs.

Si on y regarde de près, les trois programmes sont en fait incroyablement semblables, tous à base d’argent magique, de distribution et de confiscation. Tous sont surtout enjolivés et brodés de grandes phrases creuses sur la grandeur et la justice.

Tous ont le socialisme, la propriété collective, la bataille contre le capitalisme, la croisade contre l’individualisme comme horizon indépassable.

Il est vrai que le but de l’élection consiste finalement à choisir qui régnera sur cet immense empire de fonctionnaires, de taxes, de formulaires et de réglementations qu’est l’État français.

Pas besoin de complot ni d’invasion 

Ces comparaisons sempiternelles avec le passé ne font que nous cacher la triste réalité : le paysage politique français est d’une incroyable médiocrité, voire d’une totale nullité. Cet immense pouvoir et ces immenses moyens donnés à de si tristes sires ne peuvent que nous donner des sueurs dans le dos et nous plonger dans une immense mélancolie. Ce pays est vraiment foutu, totalement foutu.

Faut-il pour autant déprimer et baisser les bras, ou faut-il au contraire se mobiliser, fonder un nouveau parti et choisir un candidat en vue de présenter une offre alternative dans cinq ans ?

Nous avons tous vu ce que donnent les candidatures auto-estampillées libérales : elles n’ont pas dépassé le stade des éliminatoires et se sont finalement ralliées au camp soi-disant le moins extrémiste par souci des convenances.

Il est totalement illusoire de croire que dans 5 ans, les choses auront changé. Les élections présidentielles consisteront toujours à choisir celui qui dirigera la servitude et le racket organisé à l’échelle du pays. Aucun libéral un tant soit peu honnête dans ses convictions ne se battra pour devenir le prochain percepteur et fouetteur en chef.

Optimisme et réalisme

Il existe pourtant des voies pour sortir de cette impasse et le mouvement semble quelque peu lancé, même si encore balbutiant. Le sort de la France des prochaines années et plus ne se jouera pas dans les urnes, l’affaire semble entendue. Il ne se jouera pas non plus dans la rue, sauf accumulation de circonstances exceptionnelles.

La démocratie est bel et bien dépassée : quelle qu’en soit l’issue cette dernière élection nous a clairement montré qu’il ne faut rien attendre du processus de désignation de la marionnette suprême, à part un répit de quelques semaines dans le concert des mesures liberticides et des contestations inutiles.

La réduction du socialisme ne viendra qu’en questionnant avec vigueur ces dogmes d’un autre temps qui écrasent le pays. Il nous faut trouver la force de lancer des débats. Il nous faut occuper les espaces médiatiques et économiques, à défaut d’occuper l’espace politique.

L’État prédateur

Le chemin sera long, mais il faut absolument lever ce mythe de l’existence et de la légitimité d’une entité quasi divine qui aurait droit de tout sur les individus.

Cette croyance est inculquée dès le plus jeune âge et c’est pourquoi le démantèlement de l’Éducation nationale n’est pas un programme politique : c’est un impératif moral afin de sauver les générations suivantes de cette machine à broyer les cerveaux. Il est impératif de dénoncer en premier lieu cette usine à fabriquer des contribuables corvéables à merci qu’est le formatage public obligatoire, idéologique et payé par l’impôt confiscatoire.

N’en déplaise aux rêveurs bucoliques, l’État providence n’a jamais eu comme objectif d’améliorer le sort des individus, ni de donner des perspectives. Il a été créé uniquement afin de mettre en situation de dépendance les individus transformés dès leur naissance en citoyens, en peuple, afin de disposer d’une main-d’œuvre travaillant gratuitement la moitié de son temps et mobilisable à souhait en chair à canon afin de réaliser les rêves de gloire, d’impérialisme et d’expansionnisme de quelques-uns.

La première de ces manipulations consiste à faire croire aux individus qu’ils n’existent pas, qu’ils n’ont aucune autre signification que celle d’être des citoyens et qu’en tant que tel ils ont avant tout des devoirs qu’ils doivent respecter : payer les impôts, respecter les lois et règlements, se nourrir et se vêtir selon les normes, ne pas montrer leurs croyances religieuses…

D’ailleurs, si l’État était vraiment conçu pour nous protéger, il ne ferait pas en sorte que le port d’arme soit réservé aux seuls mafieux, trafiquants et autres terroristes.

Le monopole de la sécurité n’a nullement comme but de protéger les gens, mais bien de les désarmer pour les rendre encore plus dépendants et impuissants en cas d’agression, allant jusqu’à leur refuser le droit fondamental de légitime défense.

L’État providence est mort, mais il ne le sait pas encore

Aucun des monopoles public n’a de sens, tous sont des fossiles vivants d’une époque où l’on pensait que ceux qui ne parlent pas la même langue que nous sont des ennemis qui nous veulent du mal et qu’il faut absolument éliminer en se dotant d’une machine militaire, économique et sociale performante.

La place de l’État doit être réduite drastiquement, le plus vite possible et pas seulement à la marge. Pas par souci de rentabilité ou d’efficacité, mais bien par principe moral : parce que l’impôt est tout simplement un vol et que la constitution d’une force collective dans le but de soumettre et d’écraser les autres est tout simplement un crime.

De toute façon, les États ratent systématiquement tout ce qu’ils entreprennent et finiront bien par disparaître à force d’endettement et d’échecs répétés.

Quand ils décident de fournir aux gens des biens de consommation, ils ne font que créer pénuries et trafics.

Quand ils décident de soigner les gens, ils finissent par les confiner chez eux parce qu’ils sont incapables d’accueillir les malades.

Quand ils veulent éduquer les enfants, ils créent violences et indisciplines.

Quand ils veulent sauver la planète, ils défigurent les paysages et créent d’insupportables augmentations des prix.

En finir le plus vite possible

À quoi est bon l’État, à part dépenser des milliards en chars d’assaut, en missiles et en avions de combat, pour finir par se faire botter les fesses en laissant partout derrière lui du sang, des entrailles et de la chair calcinée ?

Cette question se décline de la même façon pour tous les autres domaines qu’au fil du temps l’État s’est octroyés : éducation, culture, logement, industrie, commerce, etc.

Les puissants d’Europe ont fondé les États pour posséder des instruments de conquête, mais aujourd’hui, il n’y a plus de terres vierges à conquérir, sous réserve qu’il n’y en ait jamais eu avant, et ceci uniquement parce que les occupants de ces contrées étaient considérés comme quantité négligeable.

Le premier tour de l’élection présidentielle de 2022 confirme un mouvement de fond qui traverse la société française : en s’abstenant, un quart de la population a déclaré publiquement qu’elle ne veut plus se mêler à cette mascarade et le reste a voté par calcul, principalement pour pouvoir ouvertement insulter et ridiculiser le camp d’en face.

Tout ceci n’est qu’une vaste blague. Une bien triste blague.

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