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lundi, août 8, 2022

Faille sismique : glissements lents, les recherches s’accélèrent

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Comprendre si le glissement lent le long d’une faille est susceptible de provoquer, à terme, un séisme de forte magnitude est une question cruciale pour l’évaluation des risques sismiques de certaines régions du monde. Une étude récemment publiée par l’Ifremer dans la revue Nature Communications permet de mieux caractériser les phénomènes de séismes lents grâce à une analyse approfondie de la pression de l’eau dans les sédiments marins.

Représentation 3D du système de failles

Sous la mer de Marmara, à moins de 50 kilomètres de la ville d’Istanbul, court une faille responsable de nombreux séismes destructeurs qui ont marqué la région, comme le séisme d’Izmit en 1999, d’une magnitude de 7.2 à 7.6. Dans cette zone, des séismes lents de faible magnitude, appelés SSE pour Slow Slip Event, se produisent à la frontière tectonique entre l’Anatolie et l’Europe.

Pour tenter d’expliquer l’origine et d’identifier les conséquences des glissements lents épisodiques, des chercheurs de l’Ifremer ont déployé dans cette région du monde, des outils appelés piézomètres pour mesurer la pression d’eau dans les sédiments marins et ont utilisés les stations de GPS terrestre pour la détection et la mesure des déformations tectoniques.
Leur étude montre une corrélation entre la fluctuation de pression dans les sédiments et les déformations terrestres pendant un événement de glissement lent de 10 mois. Le piézomètre devient ainsi le « thermomètre » de ce phénomène de glissement lent.

« Avec des capteurs de surface, faciles à installer, on a pu observer des événements qui se passent à plusieurs kilomètres sous le fond de la mer. Nos données apportent ainsi des informations majeures sur le glissement lent de la faille nord-anatolienne. Elles permettent de suivre l’évolution et d’analyser les conséquences de ce fluage pendant 10 mois de fonctionnement. » souligne Nabil Sultan, chercheur en géotechnique à l’Ifremer.

Vue générale de la faille de Marmara L’activité sismique se rapproche petit à petit d’Istanbul

La faille nord-anatolienne traverse la Turquie sur plus de mille kilomètres. Son histoire commence il y a environ quinze millions d’années lors de l’affrontement de deux plaques continentales : la plaque arabique et la plaque eurasiatique qui convergent actuellement sur le bord est de la Méditerranée. En 1999, le séisme d’Izmit, à l’est de la mer de Marmara, a rompu 140 kilomètres de faille. Trois mois plus tard, celui de Düzce a prolongé cette fracture de 35 kilomètres. La singularité sismique, géographique et temporelle rend presque inéluctable, un événement majeur qui provoquera une secousse plus ou moins violente, dans la mégapole d’Istanbul.

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