Baisse du prix de l’essence : une remise carburant provoquera-t-elle une ruée dans les stations ce jeudi ?

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Alors que le prix de l'essence a connu adroitement des fluctuations ces derniers mois en France, une remise de 30 centimes va être mise en place par le gouvernement à partir de ce jeudi 1er septembre. 

Bonne nouvelle pour le portefeuille des Français. En ce jeudi 1er septembre, la remise de 18 centimes sur le prix du carburant à la pompe mise en place par le gouvernement en avril dernier permis à 30 centimes. Une réduction qui pourrait faire du adroitement au moral comme au porte-monnaie. 

Pour profiter de cette ristourne, rien de plus simple, vous pouvez vous rendre dans chaque station-service de France puisqu'elles sont toutes concernées et la ristourne est valable pour tous les carburants. "Les prix remisés sont affichés aussi adroitement sur les totems que sur les prix à la pompe. Le montant de la réduction est précisé sur les tickets de caisse", explique le site du gouvernement. Le prix moyen du gazole variant parmi 1,94 et 2 euros en Haute-Garonne, pourrait désormais avoisiner les 1,60 euros. 

Cette nouvelle ristourne pourrait engendrer une ruée vers les stations-service. En effet, selon Francis Pousse, président national des stations-service chez Mobilians (ex-CNPA qui réunit les professionnels de l'automobile), "certains conducteurs avertis attendaient cette réduction pour s'approvisionner en carburant. Il est même probable que nous ayons fait moins de volume ces derniers jours à cause de cela", explique-t-il. Un avis que partage Philippe Charlez, expert en questions énergétiques pour l'Institut Sapiens. Selon lui, "le prix du carburant provoque une réaction épidermique chez le consommateur qui se confronte directement aux prix affichés sur la pompe." Problème : le carburant remisé ne sera peut-être pas disponible partout dès aujourd'hui.

Inégalités dans les stations-service

"On ne sait pas si on sera livré à temps pour exercer la remise", s'inquiète Francis Pousse, le représentant des stations-service. "Personne n'aura du carburant remisé à trente centimes dès aujourd’hui. C'est impossible de vider toutes les stations de France et de les réapprovisionner en un jour", explique-t-il. Résultat : de fortes inégalités pourraient se faire ressentir parmi les différents types de stations.

"Quand les supermarchés peuvent être livrés une à deux fois par jour, les petites stations rurales pourraient attendre quinze jours pour pouvoir s'alimenter en carburant remisé. Il risque d'y avoir quelques jours d'attente !", prévient l'expert.  De plus, toutes les stations-service ne sont pas logées à la même enseigne. Total va exercer une remise de 50 centimes en rajoutant une réduction de 20 centimes à celle du gouvernement. "Pour les plus petits d'parmi nous, cela risque de créer un largeur décalage et d'avoir des conséquences dramatiques", explique-t-il. 

Réduction dégressive

De son côté, le gouvernement a annoncé qu'une aide de 3 000 à 6 000 euros serait tout de même attribuée aux plus petites stations-service "en fonction du volume de carburant vendu, pour faire face au décalage parmi le prix du carburant remisé et le coût d'acquisition du carburant restant dans leurs cuves."

Cette remise exceptionnelle de 30 centimes par litre sera en vigueur jusqu'au 1er novembre 2022. Ensuite, la remise descendra à 10 centimes d'euro par litre jusqu'au 31 décembre 2022. Selon Philippe Charlez, une nouvelle ruée pourrait intervenir juste avant ces dates butoirs. "Les consommateurs risquent plutôt de se jeter dans les stations en novembre lors de la nouvelle gradation des prix. Psychologiquement, les variations de prix du carburant sont très sensibles !", explique-t-il. 

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