« Nous constatons qu’il y avait matière à porter plainte », se félicite Anticor

Le garde des Sceaux est accusé d’avoir profité de ses fonctions de ministre pour intervenir dans des dossiers sur lesquels il travaillait en tant qu’avocat.

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Publié le 05/07/2021 17:17

Temps de lecture : 1 min.

« Nous constatons qu’il y avait matière à porter plainte », se félicite le vice-président d’Anticor, Eric Alt, lundi 5 juillet sur franceinfo, après avoir appris que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti était convoqué devant les juges le 16 juillet en vue de sa mise en examen pour des soupçons de prise illégale d’intérêts.

La Cour de justice de la République a ouvert une enquête après la plainte d’Anticor et de trois syndicats de magistrats, qui accusent le garde des Sceaux d’avoir profité de ses fonctions de ministre pour intervenir dans des dossiers sur lesquels il travaillait auparavant en tant qu’avocat, et notamment d’avoir lancé des poursuites administratives contre trois magistrats du parquet national financier de l’affaire des fadettes, qui ont participé à une enquête préliminaire pour identifier la « taupe » qui aurait informé Nicolas Sarkozy qu’il était sur écoute.

Nous constatons que cette plainte était fondée, qu’elle donnera peut-être lieu à une mise en examen et c’est normal. Ce sont des faits graves, qui portent atteinte à la séparation des pouvoirs, à l’indépendance de la justice

Eric Alt, vice-président d’Anticor

franceinfo

« C’est sûr que s’il y a une mise en examen, ça veut juste dire qu’il y a des indices graves et concordants, continue-t-il, Et l’enquête se poursuivra jusqu’à éventuellement un renvoi devant la Cour de justice de la République ».

Interrogé sur la possibilité que le ministre soit mis en examen tout en restant à ses fonctions, Eric Alt estime que « formellement » il peut garder son poste, mais que « c’est un problème politique ». Pour lui, « la question qui se posait déjà avant est celle de sa légitimité car, aujourd’hui, il n’y a plus de dialogue institutionnel possible entre le ministre et les institutions représentatives du personnel. Ce dialogue est totalement rompu, il l’est depuis septembre dernier. Je dirais qu’il y a un vrai problème de fonctionnement du ministère aujourd’hui ».

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