Que va changer la montée en puissance de Vincent Bolloré au sein de Lagardère ?

Nicolas Vescovacci, journaliste et coauteur avec Jean-Pierre Canet de « Vincent tout puissant » aux éditions JC Lattès. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Finie la commandite, Lagardère devient une société anonyme. Jusqu’à présent, le groupe était à l’abri d’une OPA, ce qui ne sera plus le cas désormais. En échange, Arnaud Lagardère a obtenu de se maintenir à la tête de l’entreprise pour six années supplémentaires comme PDG du groupe. Mais quelles sont les intentions de ses actionnaires, Bernard Arnault, le fonds d’investissement Amber, le Qatar et surtout Vivendi ? Nul ne le sait.

Le groupe de Vincent Bolloré, qui détient 27% du capital, est devenu le principal actionnaire, ce qui inquiète les salariés d’Europe 1, radio dans le giron de Lagardère. « Pour le moment, personne ne sait ce qui va changer. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’Europe 1 subit déjà les foudres de Vincent Bolloré. Mais il reste une partie du gâteau à se partager, à savoir le Journal du Dimanche et Paris-Match. On ne sait pas dans quelle escarcelle ces deux médias vont tomber », décrypte le journaliste Nicolas Vescovacci, coauteur avec Jean-Pierre Canet de Vincent tout puissant aux éditions JC Lattès. Des passerelles sont déjà mises en place entre CNews, chaîne du groupe Canal+, propriété de Vivendi, et Europe 1.

Les journalistes de la station qui ne sont pas d’accord sont invités à partir. 70% de la rédaction a fait grève en juin pour protester contre ce rapprochement, refusant de devenir « un média d’opinion », dans la lignée de la très droitière CNews. « Ce qui est en jeu, c’est la liberté d’informer. Vincent Bolloré ne peut pas transiger avec ça. Il a des responsabilités en tant que patron de médias, il ne dirige pas une usine de batteries électriques ! » conclut Nicolas Vescovacci.

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