« Je salue une décision courageuse même si elle s’imposait », déclare son avocate

« Je salue une décision presque courageuse aujourd’hui, même si elle s’imposait au regard de l’absence de charge sérieuse dans ce dossier », déclare l’avocate de Patrick Poivre d’Arvor, maître Jacqueline Laffont, ce vendredi 25 juin sur franceinfo, après le classement sans suite des huit plaintes pour viols, agressions sexuelles, tentatives d’agression sexuelle ou harcèlement sexuel, contre son client.

franceinfo : Quelle est votre première réaction après le classement sans suite de l’enquête visant Patrick Poivre d’Arvor ? 

Jacqueline Laffont : Ma première réaction, et celle de Patrick Poivre d’Arvor, est celle d’une satisfaction de voir que la justice sait être la justice. Même dans un contexte que je considère être une sorte de contexte de pression par rapport à des faits qui, dès l’origine, m’ont semblés totalement invraisemblables. Je pense que la plaignante principale dans cette affaire, Florence Porcel, dont je donne le nom parce qu’elle s’est largement médiatisée dans une communication bien orchestrée autour de sa plainte, a fait un récit qui, dès l’origine, aurait dû inviter tous les commentateurs et tous les journalistes à la prudence. Patrick Poivre d’Arvor a toujours affirmé son innocence, depuis le premier jour. Il s’est exprimé à une unique reprise. Ensuite, nous avons choisi de laisser la justice agir. Je salue encore une fois une décision que je trouve presque courageuse aujourd’hui, même si elle s’imposait au regard de l’absence de toute charge sérieuse dans ce dossier. Le récit était dès l’origine invraisemblable, mais ce qui est formidable, c’est que dans cette affaire – ce qui est rare dans ces dossiers où nous sommes dans un huis clos entre une personne et une autre personne, une vérité contre une autre vérité – nous avons eu la chance d’avoir pu avoir des preuves.

Qu’est-ce qui a conduit le parquet à classer les plaintes sans suite, selon vous ?

D’abord, le récit initial était invraisemblable. Je le répète, je pense que c’est très important. Ensuite, il y a des échanges qui ont été produits entre la plaignante et l’une de ses amies de l’époque, qui montraient à quel point elle rêvait d’une unique chose, et elle poursuivait Patrick Poivre d’Arvor pour obtenir des relations sexuelles avec lui. Je serai discrète sur la nature de l’échange, parce que, croyez-moi, ils sont édifiants ! Je n’ai pas envie d’étaler cela parce que je conserve un respect minimum malgré tout, pour une plaignante, même si je considère qu’elle a déposé plainte pour des faits qui sont mensongers. Par ailleurs, cette plaignante elle-même évoquait dans ses écrits à son amie la volonté qu’elle avait de monter un stratagème, ce qu’elle qualifiait comme tel, pour pouvoir vendre un précédent livre qu’elle n’arrivait pas à vendre. Ce stratagème-là, elle avait déjà réussi à le mettre en oeuvre en ouvrant des faux comptes Twitter.

Néanmoins, la plainte pour dénonciation calomnieuse de votre client a aussi été classée sans suite, car aucun élément ne prouve l’intention de nuire de Florence Porcel. 

La dénonciation calomnieuse est l’une des infractions les plus difficiles à prouver. Le parquet a considéré qu’elle était difficilement prouvable dans ce dossier. C’est la raison pour laquelle il a également classé sans suite cette plainte. Mais ce qui me paraît important aujourd’hui, c’est que les allégations de viols particulièrement graves qui ont été portées contre Patrick Poivre d’Arvor sont totalement balayées par la décision de classement sans suite qui vient d’être rendue par le parquet. Patrick Poivre d’Arvor a été, à juste titre, meurtri des accusations qui ont été portées contre lui. Il a été aussi meurtri et stupéfait de la légèreté parfois, avec laquelle ces accusations ont été relayées dans les médias. Je pense qu’il faudrait remettre au programme des écoles de journalisme le principe de la présomption d’innocence, qui est un principe qui honore nos démocraties, qui honore notre justice. Je trouve qu’il [Patrick Poivre d’Arvor] peut être meurtri parce que je pense que dans cette affaire en particulier, ce principe a été largement bafoué.

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