Anniversaire : 10 ans d’observation continue dans les grands fonds !

Analogue à une station spatiale, l’observatoire scientifique EMSO Açores a été plongé en 2010 à 1700 m de fond, sur une chaîne de montagnes et de volcans sous-marins au milieu de l’océan Atlantique. Seuls 4 observatoires de ce type existent dans le monde. Cette observation en continu depuis 10 ans permet de faire progresser la connaissance de la biodiversité remarquable, du volcanisme et de l’hydrothermalisme des milieux marins profonds. Le navire océanographique Pourquoi Pas ? est sur place depuis le 13 septembre pour effectuer la maintenance annuelle de ce concentré de technologies (campagne Momarsat, pilotée par l’Ifremer et le CNRS).

Le navire océanographique Pourquoi pas ?© Ifremer/Stéphane LESBATS

Les fonds des océans sont la dernière frontière de notre planète, ils sont moins bien connus que la surface de la Lune ! Plaines, canyons, chaines de volcans… Ils sont pourtant constitués de paysages variés, abritant une faune parfois foisonnante.

Face à cette méconnaissance scientifique, l’observatoire scientifique EMSO Açores (European multidisciplinary seafloor and water column observatory) a été implanté sur un volcan, en limite des plaques tectoniques Afrique et Amérique du Nord. La plupart des instruments sont concentrés sur une zone d’1 km2. Au centre se trouve un ancien lac de lave de 400 m de diamètre entouré par des sorties de fluides hydrothermales actives, des cheminées s’y dressent jusqu’à 15 m de hauteur crachant des fluides noirs (car chargés en métaux) à plus de 300°C.

Les grands fonds à portée de clic

L’observatoire permet de suivre dans le temps cet écosystème, avec un objectif de recherche fondamentale. « Nous sommes aux premières loges pour percer les secrets du fonctionnement de notre planète, souligne Pierre-Marie Sarradin, responsable de l’unité Environnement profond à l’Ifremer et responsable de la mission Momarsat. Grâce à cet observatoire, nous comprenons mieux les phénomènes géologiques et géochimiques provoqués par le lent écartement de plaques et le développement de la vie si loin de la lumière du soleil. » 

Deux stations autonomes constituées de caméras et de nombreux capteurs transmettent leurs données par acoustique à une bouée relais en surface, elle-même programmée pour envoyer les données par satellite toutes les 6 heures à Brest.

Une telle structure nécessite une maintenance annuelle, par exemple pour changer les batteries des appareils électroniques ou changer des capteurs. La campagne océanographique, baptisée Momarsat, a donc lieu chaque été. L’édition 2020 est en cours jusqu’au 4 octobre, à bord du Pourquoi Pas ?, avec des conditions sanitaires adaptées au contexte Covid. Au-delà de cette maintenance, les scientifiques collectent aussi d’autres données grâce au sous-marin téléguidé Victor 6000: prélèvements de fluides, de roches et d’animaux, et relevés vidéo 3D de la zone.

Prise en charge d’une bouée Borel dans le cadre de la campagne MoMARSAT 2020© Ifremer/Alizé BOURIAT10 ans, 10 résultats marquants

Géologie, cartographie, circulation des courants et des fluides, dispersion et rythme de vie des espèces : dix résultats ou événements marquants de l’observatoire seront dévoilés à partir du 21 septembre sur Twitter ainsi que sur le site EMSO Açores.

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